Ils sont quinze pour surveiller un monde virtuel presque infini. Ils, ce sont les cyberdouaniers, qui ont officiellement pris leurs fonctions hier dans les locaux parisiens de la très discrète Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières. Embryonnaire depuis plusieurs années, cette cellule de veille se charge de détecter les transactions illicites sur Internet. Leurs armes : des moteurs de recherche avancés où, à coups de mots-clés, ils traquent les infractions. Leurs domaines de prédilection : les contrefaçons, les oeuvres d'art, la drogue, les médicaments...
Une fois l'infraction repérée, il faut remonter à la source, ce qui est le plus compliqué. « Les stocks sont situés hors de France, les sites, hébergés à l'étranger, et les produits illicites, envoyés par colis postaux ou fret express, explique un des douaniers. Nos enquêtes sont comme des pelotes de laine : il nous faut tirer tous les fils pour savoir lequel est le bon. » En l'occurrence, le bon fil est souvent celui des transactions financières. Comme pour ce réseau récemment démantelé, qui vendait en ligne des chaussures de sport et des articles textiles contrefaits. En localisant le site via les flux financiers, les cyberdouaniers sont remontés jusqu'à un Français, pièce maîtresse de ce trafic portant sur 4,6 millions d'euros. Mais les protagonistes ne sont pas toujours installés en France, et il faut alors compter avec la coopération des polices et douanes étrangères. En 2008, les douaniers ont traité 300 dossiers de cet ordre. Avec le lancement du service Cyberdouane, Eric Woerth, le ministre de tutelle, attend que les résultats soient doublés. Et il n'exclut pas de renforcer les équipes. ■