Virginie Fernandez travaille depuis huit ans au Monoprix de Nantes (Loire-Atlantique), dont cinq passés derrière la caisse. A 33 ans, la jeune femme a obtenu de sa direction l'accord verbal de ne plus avoir de journées coupées en deux (du type 9 h-12 h, puis 15 h-18 h). « A midi, je n'avais pas le temps de rentrer à la maison, raconte cette femme mariée et mère de deux enfants âgés de 5 et 9 ans. J'amenais donc au travail un bouquin ou des papiers administratifs à remplir. »
Elue (CGT) du personnel, la caissière a aussi obtenu d'alterner dans la semaine les journées à horaires décalés, à savoir 9 h-15 h ou 15 h-21 h. « A mon retour de congé parental, j'étais systématiquement mise de l'après-midi... Désormais, je peux faire faire les devoirs à mon fils, et donner le bain à ma fille le soir. »
En revanche, Virginie travaille tous les samedis, comme presque toutes ses collègues. « Seules deux d'entre elles, qui ont trente ans de boîte, ont pu dire non. Quand elles partiront à la retraite, la direction nous a déjà dit que leurs avantages ne seront pas reconduits. Et, si le magasin venait à ouvrir le dimanche, il est inscrit dans notre contrat de travail que nous ne pourrons pas refuser de travailler. » ■■à Nantes, Guillaume Frouin