La fronde se termine au tribunal. Lundi prochain, une vingtaine de kinés de la Ville rose sont assignés par l'ordre départemental des masseurs-kinésithérapeutes devant le tribunal de grande instance « pour exercice illégal de la kinésithérapie » parce qu'ils ne sont pas inscrits à cet ordre. Issue de la loi de 2004, l'autorité, créée en Haute-Garonne en mai 2006, fait l'objet de critiques de la part de nombreux professionnels de santé.
En signe d'opposition, certains ont ainsi décidé de le boycotter en ne s'y inscrivant pas. « S'ils ont un litige, ils ne sont pas couverts et risquent gros. Ne pas être inscrit, c'est se mettre hors la loi », explique Patrice Carraud, président du conseil départemental de l'ordre. Pour son avocat, c'est tout simplement « intolérable ». « Si vous allez vous faire masser chez un kiné et que vous restez au lit à la suite de cette manipulation, vous ne pourrez pas être indemnisés par votre assurance car il est dans l'illégalité. Depuis l'assignation, certains ont demandé à être inscrits, mais d'ici à ce que cela se fasse, ils restent dans l'illégalité », souligne Me Ludovic Rivière.
Pour les organisations syndicales, c'est « la politique de la peur alors que des négociations ont été engagées sur le sujet au niveau national ». Au-delà du montant des cotisations que certains considèrent comme élevées (130 euros/an), « l'ordre ne sert à rien », estime tout simplement Alain Motes du syndicat SUD-santé-sociaux. « S'ils nous mettent en exercice illégal, cela veut dire que 450 kinés dans le département s'arrêteront de bosser du jour au lendemain. A l'hôpital, nous sommes 80 à 90 % à ne pas être inscrits », relève-t-il, indiquant qu'un appel national à la grève avait lancé pour la journée de lundi. ■