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«Face à la crise»: Sarkozy n'a ni convaincu ni rassuré

Nicolas Sarkozy et les journalistes David Pujadas et Laurence Ferrari, le 5 février 2009 à l'Elysée
Nicolas Sarkozy et les journalistes David Pujadas et Laurence Ferrari, le 5 février 2009 à l'Elysée/Gérard Cerles AFP

REVUE DE PRESSE - L'avis des journaux nationaux au lendemain de l'interview du chef de l'Etat sur la crise...

La presse française estime ce vendredi que Nicolas Sarkozy a lâché du lest socialement face à la crise, tout en maintenant le cap économique lors de son intervention radio-télévisée jeudi soir.

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«Pragmatique, politique avant tout», écrit Laurent Joffrin dans «Libération», «Sarkozy admet qu’il faut aussi songer au pouvoir d’achat et à la consommation». «C’est la violence de la crise mondiale et l’effondrement des anciennes valeurs d’inégalité et de compétition qui le contraignent à cette conversion progressive», reconnaît l'éditorialiste.

«La réforme est structurante et la crise passagère»

Pour Etienne Mougeotte du «Figaro», «Nicolas Sarkozy a raison de refuser le piège de la relance de la consommation par l'augmentation des salaires». Car selon lui, «la relance par la consommation est toujours en France l'antichambre d'un plan d'austérité».

Jean-Francis Pécresse indique dans «Les Echos» que Nicolas Sarkozy a cherché à expliquer «en substance» que «la réforme est structurante et la crise passagère». «Pas de quoi sans doute dissiper les anxiétés ni regagner la confiance. Mais l'essentiel, dans l'immédiat, est de circonscrire l'incendie social», note l'éditorialiste économique.

Un rendez-vous donné aux syndicats

Dans «La Tribune», Erik Izraelewicz juge que le «cocktail» présenté par le chef de l'Etat «ne parviendra pas à convaincre qu'il sait comment conduire le bateau face à la "crise du siècle"». «En cela, il aura sans doute déçu», poursuit-il.

«D’entrée de jeu», constate Daniel Ruiz dans «La Montagne», le président de la République «a déminé le terrain social en donnant du grain à moudre aux syndicats pour un rendez-vous du 18 février qui s’annonce déterminant pour les relations futures». «Mais le président de la République n’a pas touché au noyau dur de sa politique économique», a-t-il admis.

Mais «la carotte sera-t-elle suffisante pour rassasier les syndicats et pour apaiser le climat d'angoisse et de tension qui s'est emparé d'une partie de la population?», se demande Patrick Fluckiger dans «L'Alsace».

La fin du bling-bling?

Même son de cloche pour Hervé Favre, dans «La Voix du Nord», qui se demande «si ces ouvertures seront suffisantes pour écarter le risque de tempête sociale», tandis que pour Yann Marec du «Midi Libre», «les Français veulent plus que de la magie. Ils exigent des résultats».

«Sarkozy le téméraire est toujours aussi volontaire mais plus tempéré dans son expression. Il a compris que son omniprésence ne suffit pas à conduire les réformes», estime pour sa part Hervé Chabaud, dans «L'Union».

Dans les «Dernières Nouvelles d'Alsace», Olivier Picard, souligne que ce fut «une intervention austère et frugale, à l'exact opposé d'une période bling-bling définitivement révolue». «L'homme qui défiait son siècle est tout à coup redevenu modeste devant le destin», indique-t-il.

Pragmatique, Philippe Waucampt, du Républicain Lorrain, précise que «s'il maintient le cap, Nicolas Sarkozy conserve une chance d'être suivi».

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