Maintenir la pression sur Nicolas Sarkozy et le gouvernement en fixant une nouvelle date de mobilisation dès ce lundi, lors de la réunion intersyndicale organisée au siège de la FSU. C'est la stratégie que devraient adopter les huit syndicats à l'origine des manifestations record du 29 janvier, qui se sont déclarés déçus par les propos du chef de l'Etat.
Jean-Claude Mailly, le patron de FO, a été le premier à le proposer publiquement : « Nous verrons lundi, mais nous pourrons décider d'une date pour garder la pression », a plaidé le syndicaliste. « Discuter du partage des richesses avec le Medef peut durer des mois », a souligné Mailly, déçu par l'absence d' « annonce concrète et immédiate du chef de l'Etat.
Gérard Aschieri, leader la puissante fédération enseignante FSU, est lui aussi favorable à un nouvel appel à la mobilisation, fixé probablement à une date ultérieure au 18 février. « Je ne vois pas en quoi les réponses qui ont été apportées par Nicolas Sarkozy nous inviteraient à lever le pied. Je dirais même que ces négociations qui s'annoncent avec les partenaires sociaux nécessitent une mobilisation. Il faudra installer un rapport de force. »
Le leader syndical relève lui aussi le manque d'annonces à destination des salariés ou des retraités. « J'ai entendu beaucoup de bonnes intentions mais concrètement qu'est-ce qui va changer ces prochaines semaines ? Rien. En revanche j'ai entendu beaucoup de niet, sur le Smic, pour la situation des fonctionnaires. »
Très remonté, Christian Mahieux, de Sud, est sur la même ligne que FO et la FSU. « Il faut maintenant poursuivre et amplifier encore la mobilisation populaire, le plus vite possible. C'est cette perspective que l'union syndicale Solidaires mettra en avant lors de la réunion intersyndicale du 9 février. » Les prochains jours promettent d'être animés. ■S. C.