Fini «Monsieur Je-Sais-Tout». Nicolas Sarkozy a tenté de se montrer humble et à l'écoute jeudi soir, lors de son intervention télévisée «Face à la crise». Fini les affirmations et les sentences élyséennes, à la place le chef de l'Etat a multiplié les «idées», les «propositions», et les «pistes». «Je ne choisirai pas, je ne trancherai pas», a expliqué Nicolas Sarkozy, tout à coup modeste face aux défis soulevés par la crise économique et financière, «la plus grave depuis un siècle».
Le choix de l'investissement maintenu
Une semaine après les fortes manifestations contre sa politique économique et sociale, il n'a pas voulu donner le sentiment que tout était déjà décidé. Au contraire, la porte est ouverte aux syndicats, invités à l'Elysée avec le patronat le 18 février pour négocier. Mais si sur la forme, Nicolas Sarkozy est apparu moins dirigiste qu'à son habitude, sur le fond pas grand-chose ne change, à commencer par les réformes. «Je dois écouter les manifestants, mais j'ai un mandat», a expliqué le président, et ce mandat, c'est «réformer le pays». Les réformes - du lycée, de l'université, des services publics...- se feront «au même rythme», a-t-il prévenu. Pire, il n'a pas varié d'un iota concernant son choix d'une politique de relance de l'économie par l'investissement. Pas question de choisir la voie de la consommation, comme le réclament l'opposition et les syndicats. «Je fais le pari d'une politique de relance par l'investissement, car les entreprises c'est l'emploi», s'est justifié le chef de l'Etat.
En attendant la réunion du 18 février, Nicolas Sarkozy a mis jeudi soir «sur la table» plusieurs thèmes de discussion pour tenter de relancer le pouvoir d'achat: meilleure indemnisation du chômage partiel, suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu, augmentation des allocations familiales... Sur deux points au moins, Nicolas Sarkozy s'est fait plus direct. Il a annoncé la suppression, dès 2010, de la taxe professionnelle «pour éviter les délocalisations». Une carotte pour les patrons, mais avec un bâton: le «partage du profit». «Entre le souhait des actionnaires et les demandes des salariés, le compte n'y est pas», a estimé le Président, considérant qu'en la matière, devrait s'appliquer «la règle des trois tiers» - un tiers des bénéfices répartis entre les actionnaires, un tiers aux salariés, un tiers réinvesti. Encore une fois, il a demandé au Medef de trancher, menaçant d'en appeler à la loi en cas d'échec.