A en croire Olivier Besancenot, le NPA qui naît ce vendredi des cendres de la LCR, ne sera «ni un parti d'adhérents passifs (...) ni un parti de supermilitants qui ont tout lu, ne vivent plus comme tout le monde et finissent par former des sectes bizarres»*. Le NPA revendique près de 9.000 membres, un chiffre difficile à vérifier, trois fois supérieur aux troupes de l'ex-LCR.
Un gros noyau vient de l'organisation trotskiste, auquel s'agrègent plusieurs «ex» (ex-PCF, ex-Verts, quelques ex-PS, plus rares) et des militants syndicaux ou associatifs. «Ça va du jeune révolté méfiant de la politique au vieux routier du militantisme», estime François Coustal, journaliste à «Rouge» et auteur de «L'Incroyable Histoire du NPA» (Demopolis).
Sabrina** est une «bleue» rouge. A 29 ans, cette employée municipale en Seine-Saint-Denis n'avait jamais pris sa carte dans un parti. «Je ne me reconnaissais dans aucun», confie la jeune femme, syndiquée à la CGT. Lassée de «ne pas voir arriver une grande union de la gauche», elle a franchi le pas en mars 2008, attirée par «l'anticapitalisme du NPA et sa volonté de rupture avec le PS». Militante «exaltée de créer quelque chose de nouveau», elle reconnaît des «inerties liées au schéma LCR qui revient parfois». «La tchatche, ça m'emmerde», confie-t-elle.
La tchatche, Emmanuel Bichindariz connaît. Membre du NPA de Pantin (93), cet enseignant de 38 ans a milité huit ans à la LCR à Bordeaux. Pas de regret, le changement était nécessaire: «La LCR faisait peur, son image était trop attachée à Mai 68», estime-t-il, notant un «effet NPA». «A Pantin, à la LCR, on était dix. Au NPA, on est déjà trente.»
* «Prenons parti» (éd. Mille et une nuits).
** Le prénom a été changé à sa demande.