UNIVERSITES - Les manifestations ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes ce jeudi...
Au quatrième jour de la mobilisation des enseignants-chercheurs, lancée lundi par une coordination nationale, les manifestants étaient entre 30.000 et 53.000 selon les sources, et les étudiants, jusqu'alors à l'écart du mouvement, ont participé en force, selon un décompte des bureaux de l'AFP pour 23 villes.
A Paris,
les manifestants étaient de 3.600 à 10.000. Ils étaient de 3.800 à 6.000 à Toulouse selon la police ou les organisateurs, 3.800 selon la police à Bordeaux, de 3.600 à 10.000 à Paris, de 3.000 à 4.000 à Rennes, de 2.600 à 8.000 à Lyon, de 1.600 à 2.000 à Strasbourg et de 1.500 à 5.000 à Marseille.
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Dans les cortèges, non seulement les universités proprement dites étaient représentées mais aussi les IUFM, les IUT, des organismes de recherche comme le CNRS, tandis que de nombreuses assemblées générales étaient organisées. A Lille, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, a défilé parmi les 700 à 2.000 manifestants, déclarant que «sous couvert d'autonomie, sous couvert de liberté, on réduit les moyens au lieu de se poser la vraie question: comment faire réussir nos enfants à l'université?»
Ces manifestations «revêtent une ampleur exceptionnelle», a estimé dans un communiqué le Snesup (gauche), premier syndicat du supérieur, et «tout prépare une journée de grève et de manifestation sans précédent mardi 10 février». De son côté l'organisation étudiante Uni (droite) a dénoncé «un mouvement ultra politisé», affirmant que «dans les universités, la gauche et l’extrême gauche viennent prêter main forte aux syndicats afin de durcir leurs actions contre les réformes proposées par le gouvernement».
Face à cette mobilisation, Valérie Pécresse a tenté de rassurer. Comme ce sont les futurs pouvoirs des présidents d'université que dénoncent les professeurs, en termes de promotions comme de répartition des heures de cours et de recherche, la ministre a annoncé qu'elle réunirait le 11 février la communauté universitaire pour bâtir une «charte de bonne conduite» des présidents. Une annonce qui n'a pas calmé les manifestants,
venus accueillir en nombre Valérie Pécresse à Strasbourg, où elle venait inaugurer la plus grande université de France.
Une proposition UMP pour «améliorer» le décret
Même l'UMP commence à grincer des dents. Le député Daniel Fasquelle a indiqué ce jeudi à l'AFP qu'il allait déposer lundi une proposition de loi visant à «améliorer» le projet de «décret Pécresse». «Il y a une inquiétude très profonde et je ne souhaite pas que ça se traduise par un divorce entre l'UMP et le monde universitaire. Je suis prêt à faire le lien», a déclaré à l'AFP Daniel Fasquelle, également professeur de droit et doyen de la faculté de droit de Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais). «Je soutiens Valérie Pécresse et sa démarche à l'égard des universités est sincère. Mais je sens aussi le malaise car on touche à des choses essentielles, qui vont au-delà de questions corporatistes», a-t-il ajouté.
De leur côté, les présidents d'université ont indiqué «entendre les grandes inquiétudes qui s'expriment dans les universités». Rappelant qu'elle a «toujours soutenu la révision du décret de 1984» sur le statut des enseignants-chercheurs, l'un des sujets de la contestation actuelle, la Conférence des présidents d'universités (CPU) rappelle toutefois que sa mise en oeuvre est impossible «sans qu'une concertation nationale s'ouvre sur ses conditions d'application».
Avec agence