Visite chahutée de Pécresse à l'Université de Strasbourg

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Publié le 5 février 2009.

EDUCATION - La ministre a été reçue par environ 2.000 étudiants et personnels universitaires ce jeudi matin...

Environ 2.000 étudiants et personnels universitaires ont manifesté ce jeudi matin à Strasbourg alors que la ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Pécresse inaugurait l’Université de Strasbourg (UDS). Cette dernière est le produit de la fusion des trois universités de la ville, réunissant désormais plus de 40.000 étudiants. Le cortège scandait des slogans tels que «Pécresse démission» ou encore «résistance à ceux qui veulent privatiser la fac».

Parlant d’une «mobilisation réussie», la présidente de l’Unef Strasbourg, Julie Joho, a déclaré que «si la ministre ne recule pas sur ses réformes et n’ouvre pas le dialogue, la mobilisation se poursuivra». L’allocation de moyens aux établissements de l’enseignement supérieur selon leurs résultats (taux de réussite et d’insertion professionnelle des étudiants) mise en oeuvre dans le cadre de la loi LRU compte parmi les mesures les plus critiquées. L’évolution du statut des enseignants-chercheurs et les suppressions de postes sont aussi vivement contestées.

Partis depuis le campus central de Strasbourg à l’Esplanade, les manifestants se sont rendus jusqu’au Palais universitaire où se déroulait la cérémonie d’inauguration de l’UDS. Ils se sont massés devant les portes du bâtiment avant qu’une cinquantaine de CRS ne prennent position pour tenter d’éloigner la foule, provoquant quelques incidents. Les forces de l’ordre ont notamment eu recours à leurs matraques et aux gaz lacrymogènes. Cette intervention a suscité l’indignation d’étudiants et d’enseignants-chercheurs. Paul Meyer, adjoint au maire (PS) de Strasbourg chargé de la jeunesse, a lui aussi vivement réagi en dénonçant «une charge de la police scandaleuse. Nous allons demander des comptes au préfet car cela relève de l’incompétence de la sûreté publique.»


A l’intérieur du Palais universitaire aussi la contestation s’est invitée au milieu des discours officiels d’inauguration. Les prises de parole ont été perturbées par une vingtaine d’enseignants-chercheurs. Habillés de vestes fluorescentes, ils se sont postés devant Valérie Pécresse lors de son discours en affichant des messages tels que «halte au mépris». Les contestataires ont remis à la ministre une pétition comptant 2200 signatures pour protester contre un décret réformant leur statut.
A Strasbourg, Ludovic Meignin et Philippe Wendling
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