Ce jeudi, 57.000 enseignants-chercheurs et étudiants sont appelés à se réunir en assemblée générale et à manifester partout en France pour protester contre les réformes de l'enseignement supérieur. La grève illimitée a déjà débuté, lundi, affectant 45% des cours. 20minutes.fr fait le point sur la mobilisation avec ses rédactions locales.
A Toulouse
Entre 3.800 et 6.000 lycéens, enseignants-chercheurs et étudiants, selon la police et les organisateurs, ont manifesté ce jeudi à Toulouse. «La mobilisation étudiante a mis longtemps à démarrer mais maintenant que les trois facs sont en grève, nous allons continuer jusqu'au retrait de la loi Pécresse», explique Michel, étudiant au Mirail. Du côté des enseignants-chercheurs, le ton est le même. «Nous demandons l'arrêt des réformes et l'ouverture de vraies discussions», précise Dimitri Peaucelle, chercheur au CNRS. Selon lui, la réforme «met en compétition les structures et les chercheurs entre eux». Une nouvelle manifestation est prévue mardi prochain.
Les trois campus toulousains sont désormais en grève. Mercredi, les universités des sciences (Toulouse-3) et des sciences sociales (Toulouse-1), au cours d'AG qui ont respectivement rassemblé 900 et 250 personnes, ont décidé de rejoindre la fac du Mirail (Toulouse-2) dans le mouvement. Une manifestation est prévue ce jeudi à 14h30 au départ de la place du Capitole.
A Nantes
Près de 1.500 étudiants ont manifesté dans une ambiance bon enfant dans les rues du centre-ville ce jeudi après-midi. Les facs de lettres, sciences-humaines, sociologie, droit et sciences sont partiellement bloquées depuis ce matin. Les cours sont de toute façon fortement perturbés par une grève massive des enseignants-chercheurs. Ceux-ci viennent de réclamer à la présidence de l’université de prendre une position ferme par rapport aux réformes. Le président, qui estime que la réforme du décret de 1984 «a été menée avec peu de concertation et sans analyse des conséquences budgétaires», espère de son côté qu’une négociation s’engage «rapidement» entre les enseignants et le gouvernement.
A Lille
Environ 3.000 manifestants ont démarré le défilé à 14h30 contre la réforme des universités. Composé d’enseignants mais aussi d’étudiants venus en nombre, le cortège vient d’être rejoint, à 15h30, par la maire et première secrétaire du PS Martine Aubry. Bertrand Monthubert, secrétaire national du PS en charge de l’enseignement supérieur (et ancien président de Sauvons la Recherche) devait être à ses côtés. La fac scientifique de Lille-1 est en grève depuis mardi, et jusqu’à vendredi au moins. Elle pratique la rétention de notes depuis la fin janvier et jusqu’au 1er février au moins. A Lille-2 (droit et santé), un mouvement de rétention de notes existe également, mais la direction de la Fac précise qu’il n’y a aucun gréviste et que toutes les notes seront finalement affichées ce jeudi.