Ils refusent que le handicap reste au ban des facs. Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur, devrait allouer ce matin 375 millions d'euros à la ville dans le cadre de l'opération Campus. Outre permettre la création d'infrastructures, l'enveloppe pourrait servir à la mise aux normes de tous les bâtiments de l'université de Strasbourg (UDS) en matière d'accueil des personnes handicapées. Mais cela prendra du temps. Dès cette année, l'UDS va donc faire « diagnostiquer l'accessibilité des locaux afin de traiter les priorités », précise son vice-président en charge du patrimoine, Yves Larmet.
Parallèlement, afin d'améliorer la communication, la création d'un service handicap est à l'étude. « Nous aimerions un service d'accueil professionnalisé avec un personnel permanent et des correspondants sur chaque site du campus », explique Brian Wallis, une des trois personnes en charge de ses questions à l'UDS. Problème, l'intégration prévue de cette structure au sein du service de la vie universitaire pourrait, selon certains, retarder les prises de décision.
Autre grief : « On ne verra rien avant la rentrée prochaine », déplore Céline Deneux, présidente de l'association Handifac. Si des progrès matériels ont été réalisés ces dernières années, « humainement » des efforts sont encore attendus. « La réalité du handicap » n'étant comprise que lorsqu'on y a été confrontée, la sensibilisation doit être accentuée, estime aussi Camille Moellmann, une étudiante atteinte d'une infirmité motrice cérébrale. Et pour cela, « il faut changer le regard de tous les responsables. Ce qui sera plus abstrait et plus long. » ■