Olivier Besancenot: «Ce sont les 9.000 militants du parti qui ont le pouvoir, pas moi»

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Publié le 4 février 2009.

INTERVIEW - Vendredi, Olivier Besancenot lance son Nouveau Parti anticapitaliste. Le porte-parole du NPA répond aux questions de «20 Minutes»...

Y a-t-il un effet Besancenot?
Il y a surtout un effet anticapitaliste lié à la crise du système, mais qui ne se traduit pas par une démoralisation des couches populaires et de la jeunesse. Au contraire, un courant naît pour lequel il ne suffit plus de résister mais il faut aussi proposer. Mais cela passe par des idées, pas par une personnalisation des uns ou des autres. Ce sont les 9.000 militants du NPA qui ont le pouvoir, pas Besancenot.

Mais si le NPA émerge aujourd'hui, c'est aussi grâce à votre popularité...
Le NPA naît aujourd'hui car les conditions sociales et politiques sont réunies. Dès les années 1990, on avait compris, à la LCR, qu'il fallait créer quelque chose de neuf pour combler un espace vacant à la gauche de la gauche. Pour cela, il a fallu que meure l'illusion d'un parti créé par le haut, sorte de cartel irréalisable des mouvements d'opposition. Avec le NPA, on a lancé le mouvement par la base.

Beaucoup de Français vous apprécient vous, moins vos idées...
A la présidentielle, des milliers de personnes sont venues aux meetings de la LCR, mais peu étaient prêtes à adhérer à cause de notre passé. Nous sommes conscients que notre option révolutionnaire pour transformer la société est encore minoritaire dans le pays. C'est pour ça qu'on crée le NPA, pour ne pas être condamnés à rester minoritaire.

Votre objectif est donc d'être majoritaire à gauche?
On espère qu'un jour, nos idées seront majoritaires et que l'on gouvernera. Mais c'est impossible actuellement car le vrai pouvoir est financier : c'est pour ça que les partis de gauche, une fois au gouvernement, font une politique de droite. Nous, on veut inventer autre chose.

Mais le PS est de retour dans la rue. Le dialogue est-il possible?
Le dialogue et l'action sont toujours possibles face à la droite. Le PS revient dans la rue, c'est bien, mais le problème c'est qu'il n'aurait jamais dû la quitter. Le PS s'inscrit dans l'économie de marché. Au NPA, nous réclamons l'interdiction des licenciements, la réquisition de tous les logements vides, l'augmentation de tous les salaires de 300 euros. Des mesures qui sont toutes incompatibles avec l'économie de marché. Nous sommes cohérents entre nos revendications et nos actions, car il n'y a rien de pire qu'un espoir politique déçu, regardez le PS.

Vous êtes crédité d'un score élevé aux européennes de juin, c'est la prochaine étape?
Les sondages, bons ou mauvais, ne sont pas notre boussole. Les Européennes, on ne les boudera pas, mais la prochaine étape, c'est la suite du 29 janvier et de la mobilisation sociale. Face à un gouvernement qui maintient le cap d'une politique dont les Français ne veulent plus, il faut que l'unité de la gauche sociale continue. Souvenons-nous du CPE. La loi avait été votée, puis retirée sous la pression de la rue.

Recueilli par Bastien Bonnefous
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