JUSTICE - Le violeur récidiviste comparaît de mardi à vendredi aux assises de Paris...
Il se croyait «soigné», à sa sortie de prison en 2005. Et aujourd'hui,
devant les assises de Paris, Patrick Trémeau ne comprend pas «comment ça a pu se reproduire». Et pourtant c'est bien le cas, puisque le «violeur des parkings» est jugé depuis ce mardi pour trois nouveaux viols.
«C'est le procès d'un homme qui a récidivé et pas le procès de la récidive», a tenu à indiquer l'un de ses avocats, Henri Leclerc, avant le début de l'audience. Un sentiment partagé par les parties civiles elles-mêmes. «Pour moi, c'est le procès de Patrick Trémeau, et pas un procès emblématique», a ainsi réagi l'avocat de deux victimes, Frédéric Hutman.
Victime de violences sexuelles à l'adolescence
L'accusé lui-même le concède: autant de récidives, «c'est une situation qui est rare». Il juge cependant n'avoir «pas pris conscience des faits graves» qu'il avait commis envers 14 victimes durant ses deux premiers séjours en prison.
Face aux jurés, Patrick Trémeau a choisi «d'avancer» et de raconter «les zones d'ombres de son existence». Retirant ses lunettes, en larmes, il parle de sa mère, victime d'un viol avant sa naissance, il raconte les coups de ceinture de son beau-père et les placements en foyers. Mais surtout, il revient sur les «violences sexuelles» qu'il y a subies, adolescent, quand «les grands» lui attachaient les mains dans le dos et le forçaient à des fellations, sous peine de boire un verre d'urine ou d'être brûlé avec des cigarettes.
«On ne doit jamais désespérer de soi-même»
Aujourd'hui, à 46 ans, il ne s'estime « toujours pas reconstruit». «Ce que j'ai fait vivre à
mes victimes, c'est ce que j'ai subi moi et ce qu'on a fait subir à ma mère», analyse-t-il, regrettant de n'avoir jamais pu en parler avant. Il estime en effet que, durant ses premiers séjours pénitentiaires, les soins avaient été «
insuffisants». Lors de sa dernière détention, cependant, il dit avoir bénéficié d'un «bon suivi» psychologique et psychiatrique.
Mais pour une de ses anciennes victimes, Patrick Trémeau n'est «pas soignable».
Marie-Ange Le Boulaire estime que la seule solution est de «l'écarter de la société». «On ne doit jamais désespérer de soi-même», lui répond son bourreau. Il s'affirme aujourd'hui désireux de «ne pas détruire d'autres victimes». La cour a jusqu'à vendredi pour décider du meilleur moyen de lui donner satisfaction.
Julien Ménielle avec agence