UNIVERSITE - Les universitaires ont appelé à une grève illimitée lundi pour protester contre la réforme de leur statut...
Valérie Pécresse ne reverra pas sa copie. La ministre de l'Enseignement supérieur a affirmé ce mardi devant la presse que «le retrait» du décret sur le statut des enseignants-chercheurs,
réclamé par plusieurs syndicats et universitaires, «serait un recul» pour tous les enseignants-chercheurs.
Un peu plus tôt sur Europe 1, elle avait affirmé qu'elle allait travailler à une «charte de bonne application» de ce nouveau décret. La ministre a demandé aux présidents d'universités de donner «des garanties» à la bonne application du texte. «Le Conseil national des universités qui représente tous les professeurs, les conférences de doyens, sont évidemment invités à participer», a-t-elle déclaré sur Europe 1.
Nombre d'enseignants-chercheurs se mobilisent contre ce décret qui, selon eux, pourrait déboucher sur la toute-puissance des présidents, donnant à ceux-ci plus de pouvoir dans les promotions et leur permettant d'imposer plus d'heures de cours aux enseignants, au détriment de la recherche et de leur indépendance.
Les étudiants solidaires
«Je vois les présidents demain (mercredi), je parlerai avec eux demain de comment on peut mettre en place une charte de bonnes pratiques qui vise à rassurer (...) pour montrer comment les universités utiliseront ce texte, comment ils vont faire les promotions», a poursuivi la ministre. Interrogée pour savoir s'il n'y avait donc pas de raison de retirer ce projet, elle n'a pas répondu et évoqué la charte et de «la revalorisation des carrières» des personnels.
Alors que certains évoquent la possibilité que les étudiants rejoignent le mouvement de leurs professeurs, la ministre a déclaré que «les deux sujets (étaient) complètements différents». «Je crois qu'il ne faut vraiment pas les mêler. Ce serait une erreur. Les étudiants ont des préoccupations de vie quotidienne, liées à leur logement, à leur insertion professionnelle»,a-t-elle dit. Mais lundi,
la coordination nationale des universités a appelé à une grève illimitée dans
toutes les universités, ainsi qu'à une journée de manifestations en France jeudi et à une manifestation nationale à Paris le mardi 10. Soixante quatorze universités sont concernées.
MD avec agence