EDUCATION SUPÉRIEURE - Fait rare, cette grogne réunit à la fois les étudiants et les personnels enseignants et techniques
Vent de contestation à l’Université de Strasbourg (UDS). Le plus grand établissement d’enseignement supérieur public de France - réunissant plus de 40 000 étudiants - est en grève reconductible depuis hier. Bon nombre de cours n’ont pas eu lieu en raison de ce mouvement.
Fait rare: cette grogne réunit à la fois les étudiants et les personnels enseignants et techniques (Biatos). Quelque deux-cents manifestants se sont réunis hier midi sur la place Kléber au centre de Strasbourg, avant une assemblée générale qui s’est tenue à partir de 14 h dans un amphithéâtre du campus principal dans le quartier de l’esplanade.
D’une capacité de 800 places, la salle affichait complet. L’objectif était de décider des actions à mener jeudi, lors de l’inauguration de l’UDS par la ministre de l’Enseignement supérieur (UMP), Valérie Pécresse. Une manifestation est d’ores et déjà prévue.
La «goutte d'eau»
En toile de fond de ce mouvement, il y a la réforme du statut des enseignants-chercheurs. Selon ses détracteurs, celle-ci conduira notamment à un système d’évaluation opaque des professeurs. Intervenant en préambule de l’assemblée générale, un d’entre eux a qualifié cette réforme de «goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà bien plein».
Elle vient s’ajouter à la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), également très décriée par une partie de la communauté universitaire. En particulier la disposition liant les moyens des universités à leurs résultats, notamment en terme de taux de réussite et d’insertion professionnelle. D’aucuns craignent que cela amène à une «marchandisation» de l’enseignement.
A Strasbourg, Ludovic Meignin