REACTIONS - Le plan de relance du Premier ministre ne convainc pas l'opposition...
Avant même que François Fillon n'
ouvre la bouche, Dominique de Villepin craignait que les 1.000 mesures du plan de relance ne consistent qu'en un «investissement saupoudré». Une fois les projets et les chantiers détaillés, l'opposition a pour sa part dénoncé une opération de communication autour de mesures jugées peu aptes à sortir le pays de la crise.
La journée a mal commencé, avec l'annonce de
45.000 chômeurs supplémentaires et d'une récession à venir. «Il est urgent d'agir vraiment», a prévenu Martine Aubry. La première secrétaire du PS invite le gouvernement à «réunir sans délai toutes les forces vives du pays pour définir enfin un plan de relance adapté aux graves difficultés que rencontre notre pays».
«Beaucoup d'esbroufe pour peu d'effet»
Mais, pour son secrétaire national à l'économie «la présentation du Premier ministre s'apparente plutôt à un énième effet de communication». Michel Sapin déplore en effet qu'il s'agisse de «beaucoup d'esbroufe pour peu d'effet», jugeant «extrêmement faible» l'impact des mesures sur la croissance en 2009.
Même son de cloche du côté du PCF, qui a estimé que le «train de la relance» lancé ce lundi par le Premier ministre, «c'est le service minimum». Dénonçant une «opération de communication», les communistes regrettent qu'«aux participants de l’immense journée de mobilisation professionnelle du 29 janvier, le Premier ministre oppose une fin de non-recevoir en se contentant d’une vague invitation "à se serrer les coudes"».
Relancer la consommation, une «question de choix»
Et les politiques ne sont pas les seuls à critiquer le plan de François Fillon. Rassemblés dès 12h derrière la préfecture de Lyon où se tenait la réunion interministérielle, quelque 500 manifestants ont réclamé des investissements dans l'éducation, la santé, la culture et une relance de l'économie par la consommation. Pierre Coquan, délégué CGT, a déclaré que les 1.000 mesures présentées «ne résoudront pas la crise». Selon lui, «la relance de l'économie ne peut pas se faire sans relance de la consommation, et donc l'augmentation des salaires», mais il s'agit là d'une «question de choix».
«Le président de la République doit écouter, s'adapter», avait prévenu Dominique de Villepin, estimant que «c'est le moment de préciser le cap, de corriger la route et véritablement d'envoyer des signaux comme quoi il écoute les Français». Un message que ne manqueront pas de reprendre
les syndicats, lors de leur rencontre avec Nicolas Sarkozy.
J.M. avec agence