Pour une fois, la pianiste Anne Queffélec n'est pas sur scène. Elle s'émerveille plutôt de voir un rappeur des quartiers déverser son flow sur des transcriptions de Bach en duo avec le compositeur Jean-Frédéric Neuburger. «La Folle Journée crée un pont entre deux mondes», se réjouit la pianiste.
Comme elle, ils étaient 123.700 curieux et passionnés réunis cinq jours durant à la Cité des congrès de Nantes. «Nulle part ailleurs, on ne voit une telle ferveur», s'enthousiasme Philippe Bern hard, du quatuor Modigliani. Dans la grande halle, on s'amuse des facéties du Renegades Steel Band: Bach sur des bidons à pétrole, ça déconcerte. «C'est le seul compositeur baroque qui peut être interprété quel que soit l'instrument», explique le contre-ténor Philippe Jaroussky (lire son interview en cliquant ici).
Large public
Trois siècles après, Bach rocke encore. Son public, un peu moins: «Ça sent le vieux qui joue des coudes pour s'assurer une bonne place», ironise un trentenaire. «Contrairement à d'autres pays où la Folle Journée s'est exportée, la moyenne d'âge à Nantes se situe entre 40 et 50 ans», reconnaît René Martin, fondateur et directeur artistique du plus important événement «classique » de l'Hexagone.
En élargissant la musique de Bach aux baroques allemands, comme le Membra Jesu Nostri, il a réussi le pari de faire découvrir des oeuvres méconnues à un large public.