SKI - Les chances des Français aux championnats du monde de val d'Isère...
Peut-on espérer un éventuel «effet maison»? Cette question, le chef du ski alpin français, Yves Dimier, se la pose depuis plusieurs semaines. Car pour atteindre l’objectif très optimiste de trois-quatre médailles
aux championnats du monde, le clan français doit forcément exploiter au maximum le petit plus des courses à domicile. Dans la station savoyarde, les Bleus devront profiter de leur connaissance des pistes et du soutien du public, sans être bridé par la pression. Autant dire que la tâche est ambitieuse.
Pour sauver les meubles sur ses pistes d'entraînement, l’équipe de France semble bien armée.
Avec Jean-Baptiste Grange, elle possède un leader solide, capable de viser un titre en slalom, mais aussi sur le combiné. Sa seule présence devrait suffire aux Bleus pour égaler, voire dépasser le bilan famélique des derniers Mondiaux, en 2007 à Are, où ils s’étaient contenté de l’unique médaille de bronze du slalomeur de Valloire.
Pénurie de podiums
Deux ans plus tard,
l’équipe de France ne se limite peut-être pas aux exploits du Mauriennais, mais c’est encore lui qui emmène dans sa trace un groupe en manque de résultats. Sur les sept podiums glanés par les hommes depuis le début de la saison, le leader de la Coupe du monde de slalom en compte cinq. Pour détourner l'attention et lui ôter la pression, il ne peut compter que sur Julien Lizeroux,
auteur à Kitzbühel de sa première victoire dimanche dernier. Selon Gilles Brenier, le patron de l'équipe masculine, l'émergence soudaine d'un «deuxième favori» devrait «diluer la pression qui pesait sur les épaules Jibé».
Mais en dehors du duo de slalomeurs, les chances françaises paraissent minces. Les géantistes et les descendeurs attendent désespérément un déclic pour lancer leur saison.
Alors que chez les femmes, la seule victoire de Tessa Worley, fin novembre à Aspen, ne suffit pas à masquer la pénurie de podiums.
Sur une course...
Pour se rassurer, le groupe tricolore trouve toujours quelques signes d’encouragement et se raccroche à certains avantages supposés: «On connaît la piste, souligne
la descendeuse Marie Marchand-Arvier. Nous, elle ne nous fait pas peur. Le but de notre saison, c’est Val d’Isère.»
Pour cette raison, Laurent Chrétien, le responsable du groupe géant-vitesse reste persuadé que «sur une course, une skieuse expérimentée comme Ingrid Jacquemod peut très bien réussir quelque chose. Peut-être même gagner.» Un privilège qui fuit pourtant le ski français depuis huit ans.
R.S.