Tous les moyens sont bons pour faire appliquer le service minimum d'accueil à l'école

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Publié le 28 janvier 2009.

EDUCATION - Les maires sont réticents, mais le ministre a promis qu'il serait mis en place: le casse-tête...

A chaque grève dans l'enseignement, le débat sur service minimum d'accueil refait surface. Les maires, notamment de gauche, expliquent qu'il est inapplicable pour des problème de délais, qu'il pose des problèmes de sécurité et coûte cher à leur commune. Mais cette fois, Xavier Darcos a prévenu: «C'est une grève qui est compliquée à gérer, mais le service minimum fonctionnera.»

«La dernière fois, poursuit le ministre de l'Education nationale, nous avons eu 22.000 communes qui l'ont fait, au moment même où nous n'avions pas pris toutes les précautions que nous avons prises cette fois-ci.» Pour faire mieux, on n'a pas lésiné sur les moyens, mêmes les plus inhabituels.

Appel aux bonnes volontés

En Maine-et-Loire, l'inspection académique a donc envoyé un courrier au directeur de l'IUFM à l'attention des apprentis professeurs d'école: «Sont-ils disponibles pour un travail d'accueil en cas de grève au cas où leur emploi du temps le permettait?» Une demande trop tardive, ledit emploi du temps étant déjà bien chargé. Raté.

Les jeunes montrant peu d'enthousiasme, c'est vers leurs aînés que s'est tourné Jean-Claude Rouanet, inspecteur d'académie de la Sarthe. «Comme cela avait été suggéré lors d'une réunion à la préfecture, j'ai fait parvenir aux maires une liste d'enseignants qui ont pris leur retraite ces trois dernières années», explique-t-il à 20minutes.fr.

Charge aux élus de leur demander leur aide, ce qu'ils ont fait, selon lui. L'inspecteur craint cependant que «le contexte passionnel» et les accusations de «casseurs de grèves» ne dissuadent les volontaires. Encore raté? Si la manière douce ne fonctionne pas, certains ont donc tenté la contrainte.

Les communes réticentes au tribunal

Ainsi les préfectures du Val-de-Marne et de Seine-et-Marne ont engagé des recours contre 29 communes refusant de mettre en place le SMA. Recours rejetés en bloc par le tribunal administratif de Melun. C'est du côté de la Seine-Saint-Denis qu'il faut aller chercher le seul motif de satisfaction pour les supporters du service minimum.

Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a en effet «enjoint» quinze villes de gauche du département de mettre en place le dispositif. Le préfet, débouté de ses précédents recours, en octobre et en novembre 2008, en raison du «caractère tardif» des saisines, avait cette fois saisi le juge dès lundi.

Xavier Darcos reste toutefois confiant. «Vous verrez, assure le ministre, nous ferons le bilan (jeudi) soir, que le service minimum a marché parce que c'est un service que nous rendons aux familles et que les maires sont d'accord pour leur rendre lorsqu'ils peuvent le faire et lorsqu'ils se donnent les conditions pour le faire.» Le rendez-vous est pris.

>>> Et chez vous? Grève ou pas grève, SMA ou pas SMA? Pour le savoir, cliquez ici.
Julien Ménielle
Le service minimum d'accueil
Appliqué depuis la rentrée 2008, le texte du SMA impose aux communes d'organiser l'accueil des élèves des écoles maternelles et primaires publiques ou privées sous contrat lorsque la proportion des enseignants grévistes dépasse 25% de leur effectif. Ces derniers doivent se signaler à leur hiérarchie 48 heures avant le début du mouvement.
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