INTERVIEW - Trois questions au secrétaire d'Etat chargé de la Fonction publique à la veille du mouvement du 29 janvier...
A quoi peut-on s'attendre pour la grève en ce qui concerne la fonction publique?
Tout d'abord, je préfère parler de
journée d'action. C'est d'ailleurs le vocabulaire employé par ceux qui l'ont initiée. Ensuite, rappelons qu'il s'agit d'un appel interprofessionnel, lancé par les confédérations du secteur privé. Ce n'est donc pas un mouvement de la fonction publique. D'ailleurs, depuis 18 mois, nous avons lancé de grandes réformes, et aucun syndicat n'a quitté la table. Ils sont même six sur huit à avoir signé, en juin dernier, les
accords de Bercy (sur la rénovation du dialogue social, ndlr).
Les fonctionnaires participeront pourtant massivement à cette «journée d'action», comment l'expliquez-vous?
Mais c'est tout à fait naturel, et même souhaitable. Comment voulez-vous qu'ils restent à l'écart? Mais aucun plan de licenciement n'est prévu, juste des non-renouvellements de postes. Et nous avons mis en place des mesures comme le
Gipa, qui garantissent le pouvoir d'achat des fonctionnaires. On entend souvent dire que ce sont des privilégiés, qu'ils n'ont pas à craindre pour leur emploi. C'est donc bien normal qu'ils se joignent au mouvement, par solidarité.
Allez-vous cependant prêter l'oreille aux revendications?
Nous serons très attentifs à ce qui se passe. Nous considérons que les motifs d'inquiétude sont légitimes, de même que le principe de cette journée d'action. Ce sera un «cri»,
comme le dit François Chérèque, et nous devrons en tenir compte. La porte sera toujours ouverte. Je crois que les syndicats prévoient de se réunir le 2 février, nous verrons ce qui est décidé. Mais encore une fois, il me semble plus intéressant de regarder ce qui se passe dans le privé.
Propos recueillis par Julien Ménielle