Barons du Net, stars de la Toile ou Web présidents: les faux chefs se succèdent sur le Net français
Créé le 27.01.09 à 17h06
Mis à jour le 28.01.09 à 15h12
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INTERNET - Dernière initiative en date? Celle des Robins du Web, qui veulent élire un «Web président» français. Crédible ou pas?
Elire un président du Net français? C’est la volonté d’une association appelée Les Robins du Web. Ce
«Web président», dont l’élection devrait être validée le 25 mai prochain, devra «fédérer les internautes pour les faire parler d’une seule voix», indique Arick Kadoche, 35 ans, le fondateur des Robins du Web interrogé par 20minutes.fr.
L’idée peut rebuter si l’on se souvient de l’enfumage orchestré par Arash Derambarsh, celui qui s’était
autoproclamé président français de Facebook en janvier 2008. Mais Arick Kadoche assure que ce «Web président», élu par les internautes, n’a rien à voir avec Arash Derambarsh. Sauf que, pour l’instant, on ne sait pas quelle autorité il aurait. Ni même s’il aurait l'autorité pour parler à la
secrétaire d’Etat au numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet.
Mission
Pour Kadoche, pourtant, la mission de ce représentant est claire: «Personnifier le Web et agir comme une sorte de syndicat ou de lobby pour lutter contre l’ingérence de l’Etat dans la neutralité du réseau». Par exemple en dénonçant le projet de loi Hadopi sur le piratage,
pas encore examinée à l’Assemblée nationale.
Renaissance numérique, une association plutôt écoutée par le gouvernement, regarde l’initiative de près. «D’après ce que l’on a vu sur leur site, ils sont souvent contre les idées du pouvoir, mais ne proposent pas de solutions à la place, explique à 20minutes.fr Christine Balagué, vice-présidente de Renaissance numérique. Néanmoins, il y a de la place sur le Web pour des associations qui veulent défendre les droits des internautes.» Et de la place pour un «Web président»? «Ca ne peut fonctionner que si ce président est légitime», reprend Christine Balagué. «C’est sûr que s’il n’y a que 1.000 votes, cela ne sert à rien», reconnaît Arick Kadoche.
Liste à pourvoir
Pour l’instant, les postulants ne se bousculent pas au portillon. La page des
«candidats» est vide. «On a reçu des candidatures», assure pourtant Kadoche. Combien? Il ne veut pas le dire.
Les blogueurs contactés par 20minutes.fr ne plébiscitent pas cette idée, arguant que personne ne pourrait les représenter. «Le Web n’est pas dans une logique démocratique mais communautaire, explique l’un d’eux. Il y a les patrons du Web des geeks, les patronnes du Web de la BD, celles du Web porno, etc. Qui pourrait représenter toutes ces communautés à lui seul?»
Les chefs
Sur le Net français, cela fait longtemps que les candidats à la chefferie se succèdent. En 2005, on parlait de la
dictature des «
barons du Web», quelques blogueurs - dont Embruns et Loïc Le Meur - qui étaient parfois interrogés par la presse. En 2008, c’était au tour Mickael Vendetta, nouvelle star du Web, de vouloir donner des leçons à la télé, via un
clash avec Cauet resté dans les annales. «C’est fini tout ça, soupire Emery Doligé, un blogueur qui officie depuis 2004. Désormais, il n’y a plus de baronnie, mais un système méritocratique: c’est celui qui se trouve en tête des classements
Wikio ou
Technorati qui est le plus fort.»
En 2009, les Robins du Web cherchent désormais un Web président «de tempérament leader disposant d'une bonne culture web-politique ainsi qu'une véritable web'attitude.» Comprenne qui pourra.
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