INTEMPERIES - Certains reprochent à ERDF d'avoir reconstruit le réseau à l'identique après la tempête de 1999...
«Ce qui me satisfait dans ce drame, c’est que les leçons de 1999 ont été tirées: beaucoup plus de réactivité, moins de victimes, plus d’efficacité.» Nicolas Sarkozy s’est voulu optimiste, dimanche, au sujet de
la gestion de la tempête dans le sud-ouest de la France.
Si Météo France a effectivement anticipé l’événement 14 heures à l’avance et le nombre de victimes beaucoup moins élevé qu’en 1999 (huit contre 92), l’état du réseau électrique après les bourrasques fait ressurgir une polémique: celle de l’enfouissement des lignes.
«En 1999, il avait fallu trois semaines»
Près de 520.000 foyers étaient toujours privés d’électricité ce lundi et le courant devrait être rétabli d’ici une semaine dans plus de 90% d’entre eux, selon EDF. A l’exception des Landes, le département le plus touché par les intempéries. «La priorité aujourd’hui est de rétablir l’électricité le plus vite possible. En 1999, il avait fallu trois semaines, là nous espérons que dans une petite semaine tout le monde sera raccordé», a fait valoir Nicolas Sarkozy depuis Pian-Médoc (Gironde).
Une semaine de trop, selon certains. «Il est impossible qu’on en reste là, avec un pays qui se trouve paralysé pour huit à dix jours lorsqu’il y a une tempête, ce qui après tout est un événement météorologique normal», a déclaré François Bayrou sur France Info ce lundi matin. Pour le député (MoDem) des Pyrénées-Atlantiques, «la question de l’enfouissement des lignes doit être traitée d’urgence».
«Après 1999, ERDF a reconstruit les réseaux à l’identique»
«Je n’arrive pas à imaginer qu’un pays comme le nôtre, dont les technologies et les entreprises sont à ce point en pointe, soit incapable de traiter un problème aussi simple», a-t-il insisté, se disant «sûr qu’il existe aujourd’hui des méthodes pour enfouir des lignes qui coûtent moins cher que ce qu’on nous annonce».
Un avis partagé par la
Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR). «Après la tempête de 1999, ERDF a reconstruit les réseaux à l’identique, alors que nous plaidions pour l’enfouissement car nous avions vu que les réseaux aériens étaient fragiles», dénonce-t-elle.
Un surcoût pour le consommateur
Interrogé par l’AFP, le directeur général adjoint d’ERDF (Electricité Réseau Distribution France), Bernard Lassus se défend en rappelant qu’après 1999, son groupe «s’était engagé à enfouir 95% des nouvelles lignes». «C’est ce que nous avons fait. […] En 2008, nous avons enfoui 3.000 kilomètres de réseaux moyenne tension. Dans les années qui viennent, nous allons intensifier nos efforts et progressivement passer à 5.000 kilomètres par an, vers 2012», a-t-il détaillé. «Tout cela peut paraître long, mais ce sont des investissements lourds».
Un enfouissement de l’ensemble des lignes (1,3 million de kilomètres) «reviendrait à peu près à 100 milliards d’euros», selon Bernard Lassus. Or, «notre rémunération se fait au travers de la facture des clients» qui ne pourraient supporter un tel surcoût. Interrogés, les internautes de 20minutes.fr ne
semblent en effet pas prêts à un tel sacrifice.
Des «dégâts écologiques»
«Le chiffre de 100 milliards avancé par ERDF est bien supérieur à ce que nous demandons», explique la FNCCR à 20minutes.fr. Nous militons pour un enfouissement à 75-80%, comme en Allemagne, pas à 100%. Sur quinze-vingt ans, cet investissement ne devrait pas coûter grand-chose au consommateur.»
Un autre argument est toutefois avancé en défaveur de l’enfouissement, l’environnement. «Ce n’est pas la solution miracle» car «les travaux peuvent causer des dégâts écologiques», estime France Nature Environnement qui plaide pour «moins de ligne, mais une production plus décentralisée et adaptée au territoire». Le débat est loin d’être tranché.
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C. F. (avec agence)
SERVICE PUBLIC Outre la question de l’enfouissement, des syndicats pointent le manque de personnel. Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a ainsi affirmé ce lundi que les délais nécessaires pour rétablir le réseau électrique dans le Sud-Ouest étaient liés à la fermeture de centres EDF sur place. Selon lui, cette situation permet «d’apprécier en quoi il est important de pouvoir disposer de services publics conséquents, efficaces et disposant de moyens adaptés».