La fièvre monte à Schirrhein. Car demain, c'est le grand jour. Celui où le Petit Poucet Schirrhein affronte l'ogre pro toulousain. Dans la petite ville, tout tourne autour de l'équipe favorite des 2 000 habitants. Les enfants, mais pas seulement, arborent bonnets et écharpes aux couleurs du club.
Les vitrines des commerces ont toutes viré au bleu. Dans sa boulangerie, Séverine vend même des gâteaux FC Etoile Schirrhein : « On a fait des biscuits à la crème pâtissière, vanille ou chocolat, avec le logo du club sur le dessus. Ça plaît bien aux gens. » Dans d'autres magasins, on a détourné la carte de France présente dans les BD d'Astérix en plaçant la loupe non pas sur le village gaulois, mais sur Schirrhein.
A l'autre bout du village, Hélène aménage la grande salle de sa brasserie pour recevoir ceux qui n'ont pas de billets pour le match. « On va installer des tables en plus. On va préparer des knacks et de la salade mixte. Et puis on va soutenir l'équipe, mettre l'ambiance. » Hélène le promet, on ne manquera pas de bière. Cette douce folie entraîne de drôles d'initiatives. « J'ai pris rendez-vous pour tous les joueurs au salon de beauté pour un massage des jambes, rigole Yolande, bénévole au club depuis vingt-sept ans. On leur fait gratos. » Joseph, lui, rigole car « il y a quelques années, la ville ne figurait même pas sur les cartes Michelin. Là, tout le monde nous connaît. » ■