SABOTAGES SNCF - Un témoin sous X mis en avant, fin 2008, dans un rapport de synthèse de la police anti-terroriste a été condamné récemment par un tribunal de province pour «dénonciation d'infractions imaginaires»...
Sous couvert de l’anonymat, il a enfoncé Julien Coupat auprès des enquêteurs
lorsque celui-ci était en garde à vue, entre le 11 et le 15 novembre. Mais cet homme, que nous appellerons Monsieur X, est aujourd’hui bien embarrassant pour la police anti-terroriste: ce serait un mythomane patenté selon le site
Mediapart.
Revenons au début de l’histoire. Coupat et ses complices présumés sont interpellés très tôt le matin le 11 novembre. Alors que la garde à vue des suspects est toujours en cours, un homme décide de se présenter spontanément dans les locaux d'une brigade de gendarmerie du centre de la France, près de l'endroit où il réside.
Il a des révélations à faire. Il a connu
Julien Coupat, dont le nom est alors sorti dans la presse, il y a plusieurs années. Le procès-verbal du témoin est transmis aux policiers de la sous-direction antiterroriste (SDAT), en charge de l'enquête.
Des divagations?
Et «ces derniers vont prendre très au sérieux les “révélations” de ce témoin-miracle», explique Mediapart qui cite le rapport de synthèse, rédigé le 15 novembre 2008, et qui a notamment incité le parquet de Paris à ouvrir une information judiciaire pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste». La mise en examen, ainsi que le placement en détention, pour cinq d’entre eux, suivront. Julien Coupat est
le seul à être toujours incarcéré, à Fleury Mérogis.
Problème, Monsieur X est réputé pour sa mythomanie. Il a été condamné récemment par un tribunal de province pour «dénonciation d'infractions imaginaires». Il s'était dit persécuté et faisait croire que ses jours étaient en danger. L’obsession du complot...
Ce témoin a-t-il vraiment pesé?
Alors que les gendarmes et le service anti-terroriste se renvoient la balle et ce témoin en bois, explique le site, on peut se demander l’importance de Monsieur X. Il semble essentiellement valider les résultats de l’enquête, sans donner de pistes concrètes, et le parquet de Paris explique qu’il est vite apparu très peu crédible, ses «antécédents» étant connus et pris en compte.
«Le ministère public a pris bien soin de ne pas évoquer les déclarations du témoin anonyme, qui ne sont mentionnées à aucun moment. Le juge Fragnoli lui-même ne s'est pas appuyé dessus lors de ses différents interrogatoires»,
explique Mediapart, qui relativise drôlement son scoop. Et souligne que «la première phase de l'enquête était bouclée» quand Monsieur X est intervenu.
«Même son de cloche du côté des policiers, où l'on insiste sur le fait que l'informateur controversé a surtout apporté des "éléments de contexte", n'ayant par exemple été témoin direct d'aucun acte de sabotage»,
ajoute le site. «Ces élements de contexte» ont-ils pesé?
20minutes.fr