Qui est-elle: A 61 ans, l’ancienne first-lady quitte son poste de sénateur de New York pour succéder à Condi Rice. Oubliée l’amertume de sa défaite face à Obama lors de primaires démocrates au couteau, elle a «répondu à l’appel pour servir son pays», explique Bill.
Sa mission: «Réparer tout le mal que l’administration Bush a fait à nos relations diplomatiques», analyse pour 20minutes.fr, Samuel Popkin, professeur de sciences politiques. Si l’Irak et l’Afghanistan sont «deux priorités», elle sera immédiatement testée avec le conflit à Gaza. Devant le sénat mi-janvier, elle a affirmé «qu’aussi compliquée que soit la situation, nous ne pouvons pas abandonner l’idée d’une solution pacifique». Sa philosophie se résume en deux mots: «Smart power (puissance intelligente)», avec un équilibre entre le dialogue et la contrainte.
Point fort, point faible: Son expérience de la scène internationale. Comme First lady, elle a visité plus de 80 pays, rencontré les leaders du monde entier. En revanche, l’inconnue s’appelle Bill Clinton. L’ancien président acceptera-t-il de marcher au pas fixé par Obama? Certains en doutent.
Qui est-il: A 65 ans, cet ancien directeur de la CIA, est l’actuel secrétaire à la Défense. Proche des républicains et de la famille Bush, il a succédé à ce poste à Donald Rumsfeld.
Point fort, point faible: Le choix de Gates permet à Obama de tenir sa parole sur l’ouverture. Robert Gates est immensément respecté, aussi bien par les démocrates que les républicains. Il fut l’un des principaux artisans de l’opération «surge», le renfort des troupes en Irak. Si à peu près tout le monde reconnaît son succès et celui du général Petraeus, certains craignent que le retrait des troupes ne soit pas aussi rapide qu’annoncé. Il a cependant affirmé qu’il était prêt à «essayer» le retrait en seize mois souhaité par Obama.
Sa mission (impossible): Sauver l’économie américaine. En pleine crise financière mondiale, il va devoir terminer le sauvetage de Wall Street, s’occuper d’une industrie automobile au bord de la faillite, et convaincre le Congrès d’adopter un plan de relance à 800 milliards de dollars (mélange de réductions d’impôts et de dépenses gouvernementales, notamment dans les infrastructures). Le tout sans irrémédiablement creuser les déficits.
Point fort, point faible: Brillant et bosseur, il est très apprécié par Wall Street, sans en être un complet insider. En revanche, il devait de l’argent au fisc américain, ce qui complique sa confirmation par le Sénat. Il a payé, Obama est venu à la rescousse, et sauf surprise, Geithner devrait être confirmé après l’investiture du président.
Qui est-il: Il est le premier ministre noir de la Justice des Etats-Unis. A 57 ans, il succédera à Michael B. Mukasey, figure très controversée de l’administration Bush, notamment pour son refus de prendre position sur la légalité de l’interrogatoire par water-boarding, qui simule une noyade.
Sa mission: Redorer le blason du département de la Justice. Outre le contesté Mukasey, son prédécesseur, Alberto Gonzales, avait dû démissionner, sur fond de parjure devant le Congrès.
Point fort, point faible: Une solide réputation de chevalier anticorruption lors de sa carrière de procureur. En revanche, il faisait lui aussi partie de l’administration Clinton. De quoi donner des munitions à ceux estimant qu’Obama essaie de faire du neuf avec du vieux.
Qui est-elle: L’actuelle gouverneure de l’Arizona (Etat pourtant traditionnellement républicain, dont John McCain est sénateur) est une proche d’Obama. A 51 ans, c’est une juriste de formation.
Point fort, point faible: Elle apporte un peu de sang neuf à l’administration Obama, et son expérience des questions d’immigration devrait lui servir à plein.
Commerce: ????? Bill Richardson, candidat malheureux à la présidentielle, est maudit. Pressenti aux Affaires étrangères (en récompense de son ralliement à Obama), il devait finalement hériter du commerce. A cause d’une enquête fédérale sur des contrats dans le bâtiment au Nouveau Mexique, il a dû se retirer. Il reste donc un poste à pourvoir. On parle de John Thompson, le patron de la société d’antivirus Symantec.
A l’Energie, Obama a choisi l’ancien prix Nobel de Physique Steven Chu. Spécialiste de l’étude du réchauffement climatique, il devrait radicalement changer de ton par rapport à l’administration Bush.
Pour l’Agriculture, ce sera Tom Vilsack, ancien gouverneur de l’Iowa, grenier à blé des Etats-Unis. Très porté sur les biotechnologies et les OGM, il n’a pas que des amis chez l’Organic consumers association (organisation qui défend les produits bio).
A l’Intérieur, les Latinos seront représentés par Ken Salazar. Il incarne la réussite à l’américaine: il a grandi dans une famille modeste de huit enfants dans un ranch du Colorado, sans électricité ni eau courante.
En politique, «Rahmbo» s’est taillé une réputation de tueur. Certains lui reprochent ses méthodes brutales et d’être un farouche et unilatéral défenseur de l’Etat hébreu (son père est israélien). Mais en tant que chief of staff, son rôle sera avant tout de faire marcher l’administration à la baguette.
Une nomination surprise qui ne fait pas que des heureux. Panetta n’a pas vraiment d’expérience du renseignement. Gestionnaire efficace, il sera chargé de restaurer la crédibilité d’une agence éclaboussée par plusieurs scandales (Guantanamo, torture…).
Pas de lien avec Condoleezza, hormis le fait que ce sont deux femmes afro-américaines sorties de Stanford et spécialistes des questions de diplomatie. La mission de cette proche conseillère d’Obama: représenter Washington auprès des Nations unies et réparer les liens avec les alliés des Etats-Unis. Lire notre interview sur son rôle
Préparez-vous à entendre un paquet de métaphores sportives quand Robert Gibbs s’exprimera devant la presse. Ce fan de football et de basket a accompagné chaque pas de l’ascension d’Obama depuis 2004. Sur la campagne, il a occupé plusieurs postes (directeur de communication puis stratège). D’après le New York Times, Gibbs est souvent la dernière personne à qui Obama parle avant de monter sur scène.