Quelle note donnez-vous à la transition?
Une très bonne. Tout le monde est d’accord pour dire que c’est l’une des transitions les plus en douceur et les plus rapides de l’histoire récente. Malgré quelques petits accrocs de nominations, Obama l’a gérée comme sa campagne: avec calme, professionnalisme, confiance et quasi sans failles.
Pour être juste, il a fait un travail admirable pour lutter contre le sida en Afrique, et il a essayé de faire passer une réforme de l’immigration juste, contre son propre parti. Il a raté tout le reste, parce qu’il n’avait pas les compétences intellectuelles, l’expérience ou le tempérament nécessaire pour être président. Le monde s’en est rendu compte très tôt. Il a fallu plus de temps aux Américains, trop, pour que le pays n’échappe à l’une des présidences les plus désastreuses de son histoire. Il ne manquera à personne.
Même si les Républicains aiment répéter qu’il est «le sénateur le plus libéral», Obama est par nature un homme politique pragmatique, réfléchi, tourné vers le consensus. Pas un idéologue. Pour l’instant les choix de son équipe l’illustrent parfaitement.
Personne ne le sait. On est en territoire inconnu ici. Chaque action doit être faite avec prudence. Ne pas agir serait pire, mais il faut que des observateurs analysent les moindres résultats, et qu’on se tienne prêt à arrêter toute initiative qui ne serait pas concluante. Il faut être particulièrement humble.
Même si certains isolationnistes voudraient faire croire le contraire, les Etats-Unis ont toujours un rôle à jouer au Proche-Orient. Ca sera le premier grand test pour Obama, il sera tout de suite dans le grand bain. J’espère qu’il ne traitera pas ce problème comme Bush l’a fait pendant huit ans: entre une négligence bienveillante et un manque total d’engagement créatif.
L’économie ne va pas se redresser du jour au lendemain. Les gens devront être patients. Mais il aura le bénéfice du doute pendant un moment. Car dans l’esprit de la plupart des Américains, cette situation est arrivée sous George Bush, résultat direct de sa politique malavisée et de sa philosophie d’absence totale de contrôle.