Une musique (presque) sans verrou

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Publié le 17 janvier 2009.

MIDEM - Annonces en rafale, loi en attente... Retour sur un drôle de calendrier....

Beaucoup de pub ou vrai changement d’attitude? Vendredi, juste avant l’ouverture du Midem, Universal et Sony-BMG ont annoncé, quasi en même temps, la suppression des mesures techniques de protection contre la copie sur leurs fichiers musicaux. Chose que les maisons de disques s’étaient engagées à faire après la vote de la loi Création et Internet qui instaure la riposte graduée mais qui n’est pas encore passée à l’Assemblée nationale.

Se faisant, l’industrie du disque place le gouvernement face à ses engagements de mettre en place un système de prévention et de répression du téléchargement illégal sur le Net. Pour la ministre de la Culture, «la balle est désormais dans le camp des pouvoirs publics» suite à ces annonces en rafales. La loi Création et Internet doit intervenir au mieux fin février pour une mise en application juste après l’été, selon nos dernières informations. 

Un calendrier qui tombe à pic

Mais il faut croire que tout était préparé. De fait, cette annonce était inéluctable: d’autres maisons de disques - comme EMI en 2007 ou des indépendants - étaient engagées dans cette voie depuis longtemps, des tests étaient en cours chez les autres et iTunes lui-même venait d’annoncer que tout se ferait par MP3, sans verrou.

A peine l’annonce faite vendredi que, dès ce samedi matin, tous les fichiers «libres» d’Universal sont déjà en vente sur une plateforme comme Starzik. De quoi donner l’impression qu’ils attendaient le bon moment pour appuyer sur le bouton et que l’annonce d’Apple a forcé tout le monde à se mettre à la page. 

La mort des verrous techniques met fin à un bras-de-fer long et inutile entre maisons de disques, consommateurs et plateformes de téléchargement. Jusqu’ici, pour bon nombre de producteurs de musique, ces verrous permettaient de lutter contre les copies illégales.

Au final, ils ont plus perturbé les consommateurs qui ne pouvaient pas faire circuler les fichiers achetés légalement d’un support à un autre. Enfin, dernier coup de pied de l’âne aux consommateurs vertueux d’ iTunes: selon le site Musicspot, ils devront payer pour faire déverrouiller les morceaux achetés. On appelle ça une double peine.

David Carzon (envoyé spécial au Midem, à Cannes)
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