De notre envoyé spécial à Buenos Aires
Près de 10.000 kilomètres parcourus, deux pays traversés, 13 spéciales validées.
Passion latine
Les Sud-Américains avaient faim de Dakar. La frénésie populaire a commencé la veille du départ lors de la parade à Buenos Aires où des centaines de milliers de personnes sont venues accueillir les pilotes et scander «Argentina» aux passages des concurrents argentins. Elle s’est achevée à Cordoba, une terre de fans de sports mécaniques qui accueille tous les ans le rallye d’Argentine. Entre temps, les pilotes ont pu voir des attroupements se créer à chacun de leur passage «même au milieu de nulle part» selon les mots de Stéphane Peterhansel et, entre autres héros local, Francisco «Chaleco» Lopez a pu sentir la ferveur de ses compatriotes chiliens lors de la journée de repos à Valparaiso. Glacières, parasols, chaises de campings et drapeaux argentins et chiliens sur la plupart des maisons, l’Amérique du Sud en grandes vacances a dégusté le Dakar.
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Un suspense à l’agonie
Dans la course moto, le suspense n’a duré qu’un jour. Le temps pour le futur vainqueur Coma de prendre 40 minutes d’avance sur Despres victime de ses pneumatiques lors de la première spéciale. En auto, la première semaine est animée par le duel entre Carlos Sainz de chez Volkswagen et le pilote BMW Nasser Al-Attiyah exclu le jeudi soir pour avoir manqué volontairement des points de passage à cause d’un moteur en surchauffe. Après les abandons de 3 des 4 nouveau Lancer de chez Mitsubishi qui expérimentait la technologie Diesel (problèmes mécaniques pour Masuoka et Peterhansel et malaise de son co-pilote Picard pour Alphand), le suspens disparaît également de la course auto puisque les Volkswagen trônent aux 3 premières places. C’était sans compter sur la dernière culbute de Carlos Sainz pendant la 12e étape qui offre le titre au solide Giniel De Villiers, premier vainqueur africain du Dakar. dakar2009
Sables peu porteurs, poussières, pistes étroites, ce Dakar était-il trop dur? A cause des conditions météo, les organisateurs ont été contraints de réduire jour après jour la taille du parcours (1179 kilomètres non parcourus dont une spéciale annulée) et pour aider les amateurs à rejoindre le bivouac, 3 spéciales ont dû être neutralisées. Au soir de la 11e étape par exemple, une quarantaine de voitures seulement étaient ainsi parvenues à rejoindre l’arrivée avant la neutralisation. Au total, 7 des 14 étapes ont subi une modification. «Nous avons voulu faire parcours sur les bases d’un Dakar africain, analyse le directeur sportif David Castera. C’est vrai aussi que les conditions météo n’étaient pas du tout les mêmes pendant les reconnaissances mais ce n’est jamais le cas.» A leur crédit, les responsables ont su réagir rapidement pour conserver un maximum de pilotes en course. Quitte à repêcher par dizaines les amateurs le soir pour arriver à Buenos Aires avec un contingent acceptable. La configuration du terrain avec bien souvent une piste unique pour tous les véhicules n’a pas non plus facilité le Dakar des motards amateurs doublés par des bolides dans la poussière du guadal. Les organisateurs avaient promis un vrai Dakar dur. Ils ont tenu leur promesse.
Paysages grandioses
«Ce qui m’a le plus étonné dans ce Dakar, c’est la beauté des paysages». La phrase est du motard David Frétigné et de nombreux pilotes pourraient se la réapproprier. Les longues pistes monotones de la Pampa ont vite laissé la place à la splendeur de l’Amérique du Sud. Lacs remplis de flamands roses, Cordillère des Andes aux roches rouges et noires, dunes immenses du désert d’Atacama où les motards donnent l’impression de s’aventurer en ski hors piste, sables blancs du centre de l’Argentine, les deux pays ont offert ce qu’ils avaient de plus beau au Dakar.
L’Affaire Terry
La mort de Pascal Terry, 49 ans, est le gros point noir de cette édition. Porté disparu le dimanche soir, le motard de 49 ans actionne sa balise de détresse à 17h31 mais un problème de transmission de l’information empêche le PC en Argentine d’être mis au courant. Les recherches débutent le lundi avant d’être interrompu car Terry aurait été aperçu sur un bivouac. Information erronée. Le pilote est finalement retrouvé mort le mercredi à 2 heures du matin. Selon les autorités judiciaires locales, il est mort d’un œdème pulmonaire dans les 36 heures suivant sa disparition. Durant toute la première semaine, les médias s’interrogent sur les responsabilités. Depuis que l’affaire est entre les mains de la justice, ASO se refuse à tout commentaire. Autre accident du côté des pilotes, celui de l’Espagnol Cristobal Guerrero, secouru dans la demi-heure lors de la 10e étape, et qui est toujours dans le coma. Dans le public, on a déploré un accident grave en deux semaines: celui d'un home de 29 ans percuté par une voiture lors de la dernière spéciale. L'homme, qui était en dehors des zones amménagées, souffre d'un traumatisme crânien. En marge de la course, un camion assurant la logistique a percuté une voiture au Chili provoquant la mort de deux passagers.