Elle est extrêmement soulagée. Yldune Levy, en détention depuis deux mois a passé le seuil de Fleury-Merogis ce vendredi soir. Libre.
La cour d'appel de Paris avait ordonné un peu plus tôt la remise en liberté sous contrôle judiciaire de la compagne de Julien Coupat . Elle est mise en examen depuis le 15 novembre dernier dans l'enquête sur les dégradations contre des lignes ferroviaires à grande vitesse.
Le président de chambre Norbert Gurtner a infirmé le référé-détention pris mercredi par le parquet de Paris pour empêcher la remise en liberté d'Yldune Levy, estimant que cette procédure d'urgence en l'état ne se justifiait pas.
Yldune va sortir ce soir
«C'est un échec complet pour le parquet, pour Mme la ministre de la Justice et Mme la ministre de l'Intérieur qui ont instrumentalisé dès le départ ce dossier en en faisant un dossier politico-médiatique», a expliqué l'avocat de la jeune femme, Me Steeve Montagne, très ému.
«Ma cliente va sortir dans les heures qui viennent et je vais m'empresser d'aller à Fleury Mérogis la chercher. Normalement, avant minuit ce soir, elle sera libérée», a ajouté l'avocat.
Pour être effective, la remise en liberté d'Yldune Levy devra être confirmée vendredi prochain par la cour d'appel de Paris qui examinera au fond l'appel du parquet. Réunie cette fois en formation collégiale (un autre président et deux assesseurs), la chambre de l'instruction de la cour d'appel n'est en effet pas tenue de suivre l'arrêt pris ce vendredi par un président de chambre.
Julien Coupat restera le seul en détention
Elle aura le choix entre confirmer la remise en liberté d'Yldune Levy ou ordonner son retour en détention.
Yldune Levy s'était vu refuser le 22 décembre une première demande de mise en liberté par un juge des libertés et de la détention (JLD) au motif qu'elle n'avait pas été interrogée sur le fond du dossier par le juge Thierry Fragnoli. Cette audition a eu lieu le 8 janvier.
Après la remise en liberté de Yldune Levy, des neuf personnes mises en examen dans ce dossier, Julien Coupat, chef présumé d'un groupe présenté comme «anarcho-autonome», restera le seul à être en détention, à la maison d'arrêt de la Santé.