PARLEMENT - Le gouvernement met la pression sur les députés de l'opposition...
La mesure est rare, aussi rare que
la tension qui régne actuellement dans l'hémicycle. A la demande du gouvernement, les députés français vont siéger samedi toute la journée du fait du retard pris dans l'examen du texte
réformant la procédure législative. C'est le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, qui vient de l'annoncer.
Une conférence des présidents exceptionnelle a eu lieu ce jeudi et, malgré les protestations de la gauche, il a été décidé que des séances auraient lieu samedi, éventuellement jusqu'au soir.
«C'est une mesure de rétorsion contre les députés de l'opposition qui font leur travail», a dit Martine Billard (Verts). «Ce n'est pas raisonnable. On se croirait à l'école : ''Vous n'avez pas été sages, vous êtes punis''», a surenchéri Alain Néri (PS).
Urvoas: «C’est une guerre d’usure»
La gauche, qui a déposé environ près de 5.000 amendements sur ce texte comptant 14 articles, multiplie les rappels au règlement et les demandes de suspension de séance qui retardent d'autant les débats. Ce jeudi en fin d'après-midi, il restait environ 3.600 amendements à examiner.
«On se défendra comme on peut, le plus longtemps possible,
nous expliquait mercredi le député PS du Finistère Jean-Jacques Urvoas. Il y aura des séances homériques comme celle de mardi soir, avec des échanges houleux et des claquements de pupitres, toutes les recettes du parlementarisme échevelé. C’est une guerre d’usure. On se battra jusqu’au bout des nuits, de nos moyens, de nos forces, on se relayera pour tenir le micro. Cette bataille est trop importante.»
Karoutchi: «Je me vois contraint d'ouvrir de nouvelles séances»
La droite a décidé de répondre brutalement à cette
guérilla parlementaire. «Au rythme actuel, si nous devons examiner tous ces amendements, il faut 165 heures de débats soit environ 16 jours de séances», a justifié Claude Goasguen (UMP).
«Je ne veux pas que l'on reporte l'examen des textes importants qui attendent - logement social, hôpitaux -, donc je me vois contraint d'ouvrir de nouvelles séances», a expliqué Roger Karoutchi.
M.Gr. avec agence