TRANSPORTS - Les errements de la communication de l'entreprise n'ont pas arrangé les affaires des usagers...
Depuis le mois de décembre, la gare Saint-Lazare cause bien des soucis à la SNCF. Après les rats, suspectés d’avoir
transmis la leptospirose à un agent, c’est le mouvement social des cheminots qui a pris le relais. Point d’orgue de cette période noire:
la grève de mardi, à la suite de l’agression d’un conducteur en gare de Maisons-Laffitte, qui a excédé Nicolas Sarkozy au point qu’il a exigé que la SNCF «indemnise» les voyageurs et «s’excuse» auprès d’eux.
Cette dernière a été présentée en début de matinée par la SNCF comme une «grève sauvage», touchant «30 à 40% des conducteurs». Mais une heure plus tard, on apprenait que le trafic était totalement interrompu et que la gare Saint-Lazare était évacuée et fermée pour raisons de sécurité. Des couacs de communication qui n’arrangent pas l’image de l’entreprise, déjà écornée par une
augmentation mal perçue du prix de ses billets.
«Une mesure inhabituelle»
«Il ne s’agissait pas d’un mouvement spontané, mais d’une amplification de celui qui court depuis le 14 décembre, après l’agression de lundi, directement liée à l’attitude de la direction, qui cherche à monter les usagers contre les salariés par ses déclarations», explique à 20minutes.fr un représentant syndical Sud-Rail. Un mouvement décidément bien difficile à prévoir pour la SNCF, en raison des
pratiques des grévistes.
Concernant l’évacuation surprise de la gare Saint-Lazare, la SNCF reconnaît que «c’est une mesure inhabituelle». Contactée par 20minutes.fr, une porte-parole précise cependant que «c’est une décision prise par le préfet, et qui n’a donc pas pu être anticipée». Seules quelques «annonces en gare» ont donc été faites avant que les voyageurs ne soient invités par les forces de l’ordre à quitter les lieux.
Guillaume Pepy au 20h de France2
En fin de journée, alors que les nouvelles étaient bonnes avec une «reprise progressive du trafic» annoncée, les usagers se sont massés gare Saint-Lazare. Nouvel embouteillage causé par le manque de clarté des informations. «Nous avons affiché les horaires de départ des premiers trains, se défend la SNCF, mais nous n’avons pas pu annoncer les suivants en gare, ne le sachant pas nous-même».
Ce dont la SNCF est sure, c’est que «le conflit est terminé, tous les conducteurs ont repris le travail». Les mesures d’indemnisations sont prévues, et des «gestes commerciaux» vont être annoncés. Et puisqu’il s’agit de mieux communiquer, la porte-parole annonce que «Guillaume Pepy, le président de la SNCF, sera au 20h de France 2» ce mercredi soir. Elle ne sait pas, en revanche, s’il a prévu de s’excuser en direct. A suivre.
Julien Ménielle