La campagne et les centres-villes se repeuplent

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Publié le 14 janvier 2009.

Tout le monde a gagné. Mais surtout les perdants de ces dernières années. A l'occasion de la présentation, hier, des chiffres du recensement 2008 (couvrant la période de 2004 à 2008), l'Insee s'est plus particulièrement penché sur la répartition de la population en métropole. Deux grands vainqueurs : les centres-villes et les zones rurales, pour lesquels la croissance démographique repart à la hausse. Explications.

Depuis plusieurs décennies, les zones rurales connaissaient un déclin, ou au mieux une stabilité démographique, fruit des grands mouvements sociaux des siècles derniers (exode rural, désindustrialisation...). Aujourd'hui, elles retrouvent enfin des couleurs avec la même progression de population que les zones urbaines. Quatre secteurs sont plus particulièrement concernés : l'Ouest, le Sud-Ouest, le Grand Sud-Est et le Bassin parisien. Et au final, les zones de décroissance démographique diminuent de moitié, passant de 7,2 % du territoire à 3,2 %. Elles se concentrent désormais autour des zones portuaires ou des zones à fort tissu industriel (Nord et Est de la France). Cela traduit à la fois le tarissement de l'exode rural et la persistance partielle de la crise industrielle. D'après les premières indications, ce retour à la campagne concernerait plutôt des actifs. « Mais nous n'avons pas encore assez d'éléments pour parler d'un choix de vie des Français de s'installer à la campagne, explique Bernard Morel, de l'Insee. Nous devons désormais affiner les profils des concernés pour en tirer des conclusions plus précises. »

Jusqu'ici, le développement démographique de l'espace urbain reposait principalement sur les banlieues et les zones périurbaines. Aujourd'hui, après une longue période de stagnation, les centres-villes connaissent à nouveau une croissance notable, principalement au sud d'une ligne imaginaire ralliant Brest à Lyon. Un rééquilibrage qui concerne au premier plan Paris, où le solde naturel des naissances augmente, mais aussi un grand nombre de pôles urbains. Dans près de la moitié des cinquante premiers pôles urbains, la ville-centre croît plus que la banlieue. Seuls certains centres de villes du Nord décroissent, comme Lens ou Douai.

Même si la croissance démographique est égale,elle s'explique différemment. Les dynamiques démographiques prennent leur source soit dans le solde naturel (les naissances moins les décès), soit dans le solde migratoire. On retrouve des soldes migratoires positifs - synonymes d'attractivité - surtout dans l'Ouest, dans une partie du Bassin parisien mais surtout dans le Sud (Bordeaux, Perpignan, Montpellier, Marseille ou Nice). C'est à Toulouse que l'évolution est la plus forte. En revanche, principalement dans le Nord et dans l'Est, c'est le solde naturel positif qui entraîne une croissance démographique soutenue et donc, une population plus jeune qu'ailleurs.

Malgré l'évolution récente des nouveaux couloirs de peuplement, qui demandent à être confirmés dans les prochaines années, la population française reste encore concentrée autour du pôle parisien et des grandes agglomérations, avec une densité globale de 113 habitants au km2 (5e rang européen). Les zones les plus désertifiées ou de faible densité se situent, elles, dans les massifs montagneux et dans ce qu'on appelle la « diagonale du vide » qui part du Nord-Est pour traverser le pays. ■

David Carzon
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