IMMIGRATION - Le ministre a dressé son bilan, marqué par un record d'expulsions dénoncé par les organisations...
Brice Hortefeux serait en passe de
quitter le ministère de l'Immigration. L'occasion pour lui de dresser son bilan. Celui de l'année 2008, mais aussi de ses vingt mois à la tête d'un ministère dont il a essuyé les plâtres. Premier chiffre: 45.000, comme le nombre d'étrangers en situation irrégulière reconduits à la frontière sous son mandat.
Pour la seule année 2008, le ministre a
dépassé ses objectifs avec 29.796 «éloignements» sur les 26.000 prévus. Une performance qui permet au ministre de se voir décerner le titre de «Stakhanov de l'expulsion» par l'association
RESF, qui rappelle au passage que le «ministre de la peur» est le «recordman du nombre d'enfants placés en rétention (242 en 2007 dont 80 % de moins de 10 ans)».
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Mais pour Brice Hortefeux, la «véritable rupture» est à chercher ailleurs. Ce qu'il faut retenir, selon lui, c'est qu'un tiers de ces retours étaient volontaires. Une affirmation sujette à caution, les détracteurs du ministre affirmant qu'un très grand nombre de ces retours volontaires concerne des Roumains et des Bulgares, motivés par les aides financières à l'éloignement, mais reviennent plus tard en France.
Ce à quoi Brice Hortefeux répond qu'«il n'y a pas de bonnes et de mauvaises reconduites» et que «la loi s'applique à chacun, qu'il soit Européen ou Africain». Et que, depuis juin 2007, 29.472 migrants illégaux ont également été refoulés avant leur entrée sur le territoire français. Depuis la création du ministère de l'Immigration, c'est donc au total 45.500 personnes qui ont été empêchées de pénétrer sur le territoire français.
Basse besogne et pression politique
Pour
France terre d’asile, le ministre s'est ainsi «acquitté (...) d'une mission très idéologique» visant à rassurer la partie de l'opinion publique «la plus frileuse, la plus proche de l'extrême droite, la plus hostile à la diversité et la convaincre que l'immigration était sous contrôle».
La
Cimade déplore de son côté que les principes d'«humanité, dialogue, équilibre» mis en avant par le ministre n'aient pas été mis en œuvre. L'organisation rappelle par ailleurs que «le ministre a exercé une pression considérable pour obtenir la signature d'accords entre la France et plusieurs Etats africains afin que ceux-ci acceptent plus facilement l'expulsion de leurs propres ressortissants».
L'intégration en panne
Concernant le volet intégration de sa politique, Brice Hortefeux a concédé un bilan moins flatteur. Mais pour sa défense, il a plaidé que «19 mois n'ont pas suffi à solder 30 ans d'échec». Et il assure que la machine est désormais en marche avec notamment 104.000 contrats d'accueil et d'intégration signés pour 2009.
Charge à son successeur, dont les associations attendent unanimement un «changement de politique», de reprendre le flambeau. Pour le Parti communiste français, «peu importe le ministre, le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale doit disparaître». C'est cependant bien Eric Besson, transfuge de la maison socialiste, qui devrait remplacer Brice Hortefeux lors du
prochain remaniement. Ce dernier prenant du galon, avec une promotion aux Affaires sociales.
Julien Ménielle avec agence