PORTRAIT - Cet énarque de 45 ans a fait ses preuves avec l'adoption du Revenu de solidarité active...
Deux hauts-commissariats pour un seul homme. A 45 ans, Martin Hirsch a fait ses preuves au gouvernement, puisqu'il hérite d'une seconde mission,
à la Jeunesse cette fois-ci. Le père de la loi sur le Revenu de solidarité active (RSA) semble avoir donné satisfaction à Nicolas Sarkozy, qui s'est montré plus sévère avec d'autres novices de la politique, comme Rama Yade.
Le
Haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté récupère ainsi une partie du portefeuille de Bernard Laporte, désormais seulement secrétaire d'Etat aux Sports. La mission qui l'attend (répondre aux craintes de la jeunesse en temps de crise) s'annonce plus que délicate. Le premier syndicat étudiant, l'Unef,
parle déjà de «gadget».
Un technicien militant et compétent de la lutte contre les inégalités
«Mon but, c'est comment être utile. C'est mon critère de réussite», répète à l'envi cet ancien grand commis de l'Etat, qui a longtemps choisi d'«aider les faibles à s'organiser en lobbies contre les puissants», aux dépens d'une carrière qui aurait pu être plus brillante.
Martin Hirsch est parvenu à faire adopter fin novembre le RSA, destiné à encourager le retour à l'emploi des RMistes et à augmenter les revenus des travailleurs pauvres. Et ce après
une bataille politique qui a divisé au sein même de l'UMP.
Dans les coulisses du pouvoir depuis plus de dix ans
Normalien et énarque, ce natif de Suresnes (Hauts-de-Seine) gravite depuis plus de dix ans dans les coulisses du pouvoir, où il est reconnu comme un technicien militant et compétent de la lutte contre les inégalités. Il est également diplômé d'études approfondies de neurobiologie et titulaire d'une maîtrise de biochimie.
Entré en politique en 1997, comme directeur de cabinet de Bernard Kouchner, alors secrétaire d'Etat à la Santé, Martin Hirsch devient directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) en 1999. Parallèlement, il prend des responsabilités bénévoles au sein du mouvement Emmaüs, qu'il finira par présider en 2002, succédant à l'Abbé-Pierre.
«Sortir de la dichotomie gauche-droite»
Ce bourreau de travail, qui doit renoncer à l'Afssa en 2004, s'engage encore plus dans la lutte contre la pauvreté. Il fourmille d'idées, impose des concepts nouveaux comme la taxe textile, dite taxe Emmaüs, qui doit financer les activités d'insertion liées au recyclage des vêtements usagers.
Marié et père de trois enfants, ce fils d'un ingénieur des Ponts et Chaussées entend bousculer les vieux clivages, «sortir de la dichotomie entre une gauche qui défendrait l'assistanat et une droite qui s'est arrogée le monopole de l'effort». En lui confiant cette nouvelle mission, Nicolas Sarkozy illustre en tout cas sa volonté de poursuivre sa politique d'ouverture, notamment en vue
du prochain remaniement ministériel.
Catherine Fournier (avec agence)