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La télé de crise en pleine descente d’acide

TELEVISION - En 2009, le téléspectateur aura le choix entre gueule de bois et «coup de froid».

L’économie a le thermomètre à zéro,  la finance se les gèle et les programmes internationaux s’en ressentent. Hier, Médiamétrie et l’institut IMCA présentaient l’étude NOTA (New on The Air) sur les tendances de la télévision mondiale, intitulée «Coup de froid, symptôme, diagnostic et remèdes».

Prêts à tout, surtout à souffrir
La télé a des engelures et ça fait mal. La tendance sado-poisseuse continue gaiement son petit chemin de douleur. Dans «Estate of Panic» (Etats-Unis), les participants sont plongés dans un véritable film d’horreur en échange de quelques billets. Phase 1: on renverse un bidon rempli de serpents dans une pièce bunker. Phase 2: on pète les canalisations, l’eau monte jusqu’au plafond, et les serpents sont toujours là.

Bien vu aussi, la british «Unbreakable», où l’idée, simple et délassante, consiste à chercher «le point de rupture du corps ou de l’esprit»: semi-noyade, corps à corps avec un alligator, enterrement jusqu’au cou dans le désert. A défaut de se casser les os, on sait aussi s’angoisser.

Les nouveaux héros de fiction cultivent des troubles mentaux («My Own Worst Enemy», aux Etats-Unis, met en scène un schizo à personnalité multiple) ou un côté very bad boy, ainsi la bande de riders de «Sons of Anarchy» (série US).

La finance est tendance
On parlera gros sous avec «The Ascent of Money, 2017», chronique d’une faillite annoncée, mais aussi des «documentaires et émissions spéciale sur la crise financière qui prolifèrent», précise Amandine Cassi de Médiamétrie. Le public prendrait presque un certain plaisir à ces analyses, souvent mises en scène avec une certaine dramatisation».

Et comme le délai entre l’actualité et sa mise en fiction se raccourcit, «Wired», série britannique, se déroule dans l’univers bancaire et ses escroqueries cachées.

Système D
En attendant la reprise, on reprise. Des vêtements, par exemple, mis au troc dans «Twiggy’s Frock Exchange». Dans cette téléréalité venue de Grande-Bretagne, on convie un millier de femmes à échanger cinq vêtements
qui dépriment dans leur garde-robe. Au Pays-Bas, les stars ne donnent pas leurs dressings, mais de la solidarité.

Dans «Celebrity Welfare», des people vivent quelques semaines avec les minima sociaux, histoire de voir ce que ça fait. Sinon, le rire reste omniprésent, avec un net retour de l’absurde («Beehive», au Royaume-Uni). La vie n’a plus de sens? Vive l’humour «Nonsense»!
Anne Kerloc'h
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