Le froid fait sortir les «citoyens invisibles»

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Publié le 7 janvier 2009.

Il les appelle les « citoyens invisibles ». Xavier Vandromme, délégué de l'association Emmaüs France, est plus que jamais sur le pont. « Des gens qu'on ne voit pas habituellement passent dans nos centres d'accueil. Ils viennent la journée ou en soiré...

Il les appelle les «citoyens invisibles». Xavier Vandromme, délégué de l'association Emmaüs France, est plus que jamais sur le pont. «Des gens qu'on ne voit pas habituellement passent dans nos centres d'accueil. Ils viennent la journée ou en soirée, sans forcément rester dormir, pour se réchauffer et prendre un café.»

Comme lui, d'autres responsables d'associations d'aide aux personnes à la rue constatent ces jours-ci la venue de sans-abri qui préfèrent rester d'habitude en marge du dispositif classique d'hébergement. L'explication est simple: le grand froid (les températures pourraient descendre à - 5 ou - 10 °C dans le nord et l'est du pays aujourd'hui) les pousse hors de leur abri de fortune. A Marseille, des personnes vivant dans des halls ou au dernier étage d'immeubles vétustes viennent prendre une douche ou simplement utiliser les toilettes des différents centres.

«C'est du bricolage»

Une autre population toquerait ces jours-ci davantage à la porte des centres d'accueil : les sans-papiers. «On a plus de personnes qui se présentent, de différentes nationalités», résume Christophe Rousselot de la Fondation de l'Armée du Salut. En fait, la police surveillerait moins activement les clandestins en période de grand froid. Ainsi à Paris, l'association accueille depuis lundi vingt-cinq mineurs (notamment des Afghans qui vivent à la rue ou dans des squats) âgés entre 14 et 18 ans à la maison du partage dans le 19e arrondissement de Paris.

En tout, près de mille couchages supplémentaires (loin d'être des lits, il s'agit le plus souvent de tatamis ou de matelas gonflables posés à même le sol) ont dû être ouverts le 31 décembre dans la capitale, compte tenu des températures insoutenables. Gymnases, salles municipales (prêtées ou louées par la mairie du 1er et du 4e arrondissement de Paris), accueils de jour transformés ponctuellement en accueils de nuit : «c'est du bricolage», constate Xavier Vandromme avec amertume. Pas sûr que les irréductibles du bitume soient ainsi encouragés à se mettre à l'abri plus d'une nuit glaciale.

Laure de Charette
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