Le foot universitaire US, comment ça marche

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Publié le 31 décembre 2008.

GUIDE – Ultra populaire, c’est le tremplin incontournable pour une carrière pro...

De notre correspondant à Los Angeles
 

Le sport universitaire, c’est presque une religion aux Etats-Unis. De loin, le football (américain) est le plus populaire, avec des matches qui remplissent des stades de 100.000 places, déchirent des familles et génèrent des centaines de millions de dollars. Alors que la saison touche à sa fin avec ses finales (nous serons au Rose Bowl jeudi), 20minutes.fr fait le point. Mais d'abord, une vidéo explicative des règles de ce sport s'impose:
 

 

 >>> Si vous préférez les jolies filles en jupes aux brutes en collants, notre reportage chez les cheerleaders de USC, c’est ici
 
 
 

Division, conférences, qui, quoi, où?

119 équipes appartiennent à la Division I de la National collegiate athletic association (NCAA). Elles sont réparties dans douze conférences régionales (pour éviter les déplacements d’un bout à l’autre du pays). La saison régulière se déroule de septembre à janvier, en une douzaine de matches. Presque tous les Etats ont une ou plusieurs universités avec une équipe de foot. Certaines villes comme Los Angeles en ont deux (UCLA et USC). Qui se haïssent profondément, of course.

 
 

Comment le champion national est-il désigné?

C’est compliqué. A la différence du football professionnel (NFL) ou du basket, le foot universitaire ne fonctionne pas avec un système de playoffs (une succession de matches éliminatoires après la saison régulière, un peu comme notre Top 14 de Rugby) donnant un vainqueur indiscutable.

 

A la place, c’est le très controversé Bowl Championship Series: un ranking est établi, basé sur des classements de la presse (AP, USA Today notamment), des coaches et des algorithmes d’ordinateurs (prenant en compte un paquet monstrueux de statistiques). Le résultat de cette cuisine culmine lors des bowls début janvier, des rencontres entres les meilleurs équipes. Parmi les bowls le plus célèbres, le Rose, Orange, Sugar et Fiesta. Depuis 2007, un cinquième a été créé: le National Championship Bowl, opposant les deux meilleures équipes du classement, le vainqueur étant désigné champion. Le système est régulièrement critiqué, et certains titres discutés des années après au bistrot.

 
 

Qui sont les meilleures équipes?

Cette année, le National Championship Bowl opposera les Florida Gators aux Oklahoma Sooners. Historiquement, les meilleures équipes sont Alabama, Notre-Dame et USC, avec toutes plus de 10 titres nationaux au compteur).

 
 
Et après la fac?

Si vous êtes bon, une carrière pro. Mais les places sont chères: moins de 10% de joueurs de foot au lycée réussissent à intégrer une équipe à la fac. Si vous avez déjà regardé l’excellente série Friday Night Lights vous savez que scouts et agents se battent pour faire venir les meilleurs talents. Cependant, un joueur à la fac n’est pas payé (ce que certains contestent vu les centaines de millions de dollars qu’ils rapportent et les salaires mirobolants des coachs). En revanche, la plupart ne paient pas de frais d’inscriptions ou de logement ou d’assurance maladie, ce qui peut finir par faire 80.000 dollars par an). Environ 2% des joueurs universitaires seront draftés (sélectionnés) par la NFL pour passer pro.

 
 

C’est populaire le foot universitaire?

Pas qu’un peu. Les stades des Bowls sont tous plus grands que notre Stade de France, et pleins à craquer. Plusieurs dépassent même les 100.000 places. Les finales atteignent parfois 40 millions de téléspectateurs comme en 2006. Deux fois moins que les pros avec le Super Bowl, certes, mais en général, dans le top 5 des audiences annuelles (avec les Oscars et les Grammy Awards).

 

Mais au-delà des chiffres, le foot universitaire est profondément ancré dans la culture américaine, avec ses cheerleaders, mascottes et chants. Beaucoup plus que les Français, les Américains sont attachés à leur université.

 

Ca donne parfois des drames familiaux: Deanna, une lycéenne de Los Angeles, nous explique que son père était un Trojan de USC, sa mère une Bruin de UCLA et qu’ils se battent pour influencer son choix de fac. Déchirée, elle préfère honorer ses racines et supporter les fiers Irlandais de Notre-Dame. Une rivalité qui donne lieu à de nombreuses vannes (du genre «Comment appelle-t-on un joueur de USC avec une bague de champion au doigt? Un voleur». Ou encore «Vous connaissez l’histoire du camion qui a perdu des cochons sur le campus de Notre Dame? Le chauffeur du bus a dû vérifier les cartes d’identité avant de laisser monter les pom pom girls».) Classe.

 
 
Philippe Berry, à Los Angeles
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