DRAME - Un homme d'affaires français s'est suicidé dans son bureau de Manhattan...
De l’économique au macabre.
L’affaire Madoff a fait sa première victime, mardi. Un homme d'affaires français, Thierry de La Villehuchet, co-fondateur du gestionnaire de fonds
Access International, s'est suicidé dans son bureau de Manhattan.
Le corps sans vie de Thierry de La Villehuchet, 65 ans, a été trouvé mardi peu après 7 heures du matin par un agent de sécurité de l'immeuble de Madison Avenue où se trouve le siège d'Access International, a expliqué la police, moins de deux semaines après la découverte de la fraude portant sur 50 milliards de dollars. Une autopsie a eu lieu mardi après-midi à l'Institut médico-légal de New York, mais aucune conclusion n'était encore rendue publique.
Cette société qu'il avait fondée gérait environ 2 milliards d'euros d'actifs pour le compte de clients européens, dont 1,5 milliard étaient investis auprès de Bernard Madoff «dans le cadre du fonds Luxalpha déposé chez UBS», a confié à Paris un proche du défunt.
«Access était toute sa vie, et Madoff était un gérant en qui il avait toute confiance. J'ai déjeuné il y a quinze jours avec lui et il m'a dit qu'heureusement pour lui, Madoff était le seul gérant qui s'en sortait bien en ce moment», a raconté cette source.
Il avait des équipes «qui enregistraient toutes les opérations faites par Madoff»
Thierry de La Villehuchet, décrit par ce proche comme un «type parfaitement honnête», avait «des équipes sur place (chez le financier américain) qui enregistraient toutes les opérations faites par Madoff. Il ne pouvait s'imaginer que c'étaient des faux documents». Après la révélation de l'affaire, il était «effondré» et craignait que ses clients n'intentent des actions en justice contre lui.
«Je le connais depuis 1992, c'était un original, un homme très chaleureux, un travailleur acharné, qui faisait le tour de tous ses clients, ne rentrant qu'occasionnellement chez lui, et un fou de régate». Il était marié et n'avait pas d'enfant.
«C'était un homme d'honneur et d'humour, très drôle, fou de voile, et le suicide parait d'ailleurs cohérent avec le personnage qu'il était», a précisé à l'AFP Marie-Monique Steckel, présidente du FIAF (French Institute-Alliance française) et amie de longue date.
Avec agence