Woody Allen pourrait tourner à Paris une comédie

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Publié le 23 décembre 2008.

CULTURE - Le réalisateur américain veut profiter d'une incitation fiscale mise en place en France pour encourager les productions de cinéma étrangères à installer leur tournage dans l'Hexagone...

«Il faut que la France récupère les tournages de grands films étrangers». Dès mai 2008, la ministre de la Culture Christine Albanel l’avait dit à 20minutes.fr. Et pour y parvenir, un dispositif fiscal, voté au Parlement le 19 décembre, introduit un abattement fiscal de 20% des dépenses de production réalisées en France, à condition que ces dépenses soient d’au moins un million d'euros sur le territoire français.

Le but: rendre Paris plus attrayant pour les productions cinématographiques étrangères grâce à un système de crédit d'impôt international.
 
Woody Allen très attendu

Trois jours après ce vote, Woody Allen a affirmé mardi avoir bon espoir de pouvoir tourner son prochain film à Paris dès l'été 2009, sinon à l’été 2010. «J'ai un scénario tout près pour Paris, je voulais le faire il y a quelques années mais quand nous avons commencé à mettre le film en place, c'est devenu un projet si coûteux que je n'ai pas pu le faire», a expliqué le réalisateur, après avoir rencontré Albanel dans la capitale. «Maintenant il y a une nouvelle incitation fiscale à Paris, alors nous revenons et nous essayons de voir s'il est possible de refaire» ce film, une comédie en l'occurrence.
 
Prudent, le réalisateur de «Vicky Cristina Barcelona» a néanmoins souligné qu’installer son tournage dans l’Hexagone dépendrait des facilités de filmer dans la capitale qui pourraient lui être accordées. Un message entendu par la ministre de la Culture: «On va vraiment se mobiliser pour que le tournage puisse avoir lieu, chacun sait que les villes dans les films de Woody Allen sont des personnages à part entière et ce sera une grande chance pour Paris d'être un personnage de son prochain film.»
 
Enjeux économiques

Obtenir la venue d’un tournage de Woody Allen est surtout un enjeu financier, sachant que 20% de la production américaine se délocalise à travers le monde. Puisqu’un «grand film étranger dépense en moyenne cinq fois plus qu’un film français, c’est très intéressant pour nous, économiquement, de les avoir», a déjà expliqué Albanel. Avec cette incitation fiscale, la Fédération des industries du cinéma, de l'audiovisuel et du multimédia (Ficam), espère obtenir «deux fois ce que cette mesure coûte pour les finances publiques: environ 20 millions d'euros (...) 480 journées de tournages étrangers (contre 120 aujourd'hui) en France et 165.000 journées de travail pour les intermittents du spectacle».

A noter que le tournage du dernier film de Quentin Tarantino, «Inglorious Basterds», s'est surtout fait à Berlin, même si, jusqu'au 4 janvier, l'équipe travaille dans un café parisien du 18e arrondissement.

Mais depuis que l’Angleterre et l'Allemagne avaient dégainé des systèmes de crédits d’impôts qui ont attiré les grands films étrangers, la France ne parvenait plus à réitérer la bonne performance de 2003, avec le tournage de «Marie-Antoinette» à Versailles et du «Da Vinci Code» au Louvre. Deux mastodontes vus dans le monde entier. Une manne.
Alice Antheaume
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