BASKET - Le CSKA Moscou et sa meneuse française Edwige Lawson ont vécu quelques semaines agitées...
Elle se remet à peine de ce qu’elle vient de vivre. «De cette folle semaine de fin novembre», au cours de laquelle elle est passée du statut de pièce maîtresse du CSKA Moscou à celui de chômeuse, avant de retrouver tant bien que mal le chemin de l’entraînement. L’histoire racontée par Edwige Lawson,
l’une des meilleures basketteuses françaises exilée depuis deux saisons dans une grosse écurie moscovite, n’a pourtant rien de surprenant en Russie. Elle résume juste le destin d’un club frappé de plein fouet par la crise économique.
Privé de sa vache à lait après le retrait de son sponsor (Volgaburmash, un consortium de forage minier) étranglé par les dettes,
le CSKA Moscou s'est retrouvé en faillite du jour au lendemain. Plus de salaires versés aux joueuses, et un
retrait automatique de l’Euroligue. «Au départ, on entendait des rumeurs, se souvient Lawson. On ne comprenait pas pourquoi Maria Stepanova, l’une des meilleures joueuses, avait été vendue. On ne nous disait rien. Et puis les usines des Samara on été vendues. Le club allait couler...»
Nouveau sponsor
Comme toutes ses coéquipières, la meneuse de poche de l’équipe se place sur le marché des transferts. Elle déménage en catastrophe, revient à Rennes où l’attend son mari, et prospecte, sans attendre l’annonce d’un éventuel repreneur au CSKA. «Pour prendre l’avion, j’avais tellement d’affaires que j’ai payé un excédent bagage de plus de 1.000 dollars. Tout est allé très vite. Mon agent m’a trouvé un autre club, en Russie, mais je préfère ne pas donner son nom. J’étais prête à signer le contrat quand mon téléphone a sonné…»
Au bout du fil, les dirigeants du CSKA lui annoncent l’arrivée d’un nouveau sponsor. Cinq jours seulement après avoir mis la clé sous la porte.
Le revirement est immédiat. «C’était dingue. On me demandait de revenir m’entraîner comme si de rien n’était. Et c’est ce qu’on a toutes fait. Je ne pourrais pas vous donner le nom du repreneur, il est imprononçable. Je sais juste qu’ils construisent des pipelines dans l’ouest de la Russie.»
Retenir les joueuses
A peine débarqués, les nouveaux actionnaires renflouent les caisses, payent les salaires et s’attachent à retenir toutes les joueuses à la recherche d’un nouveau club. Seule une préparatrice physique, refroidie par ces péripéties, préfère rester aux Etats-Unis. «Il va maintenant falloir en recruter une. On a aussi un problème de voitures, puisqu’on n’en a plus que quatre à disposition. Mais ce n’est pas grand-chose, au regard de ce qu’on a vécu. On peut dire que tout s’est calmé.» Jusqu’à la prochaine crise?
Romain Scotto