Printemps-Haussmann: moins de clients et un peu d'inquiétude

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Publié le 17 décembre 2008.

REPORTAGE - Au lendemain de la découverte d'explosifs dans le grand magasin, la vie reprend presque normalement dans les rayons...

Impossible de ne pas remarquer la présence des vigiles à l'entrée du magasin. En uniforme ou en civil, les agents de sécurité, plus nombreux que d'habitude, arrêtent chaque client qui franchit les portes vitrées du Printemps. Obligation pour les clients d'ouvrir les sacs à main, les vérifications sont rapides. Peut-être un peu trop au goût de certains.

Des vigiles pour rassurer les clients

«La présence des agents est surtout là pour rassurer les clients, je pense», confie un vendeur du rayon optique, situé non loin de l'une des entrées. «Ce n'est pas en jetant un simple coup d'oeil dans notre sac qu'un attentat va être évité», déclare Florence, une habituée du magasin. Cette maman vient régulièrement faire ses courses au Printemps et ne compte pas vraiment changer ses habitudes. «Je me dis que si ça doit sauter, ce ne sera pas au même endroit et surtout pas le lendemain. C'est peut-être un calcul stupide, mais ça me rassure de me dire ça», souligne-t-elle avant d'ajouter qu'elle ne viendrait pas faire ses courses un samedi «car c'est là qu'il y a le plus de monde, alors on ne sait jamais».

Dans les allées du Printemps Homme, où les explosifs ont été retrouvés, les clients sont rares. Quelques touristes, qui avaient prévu de venir ce mercredi au Printemps, n'ont pas changé leurs plans et effectuent leurs derniers achats de Noël. «Je devais venir aujourd'hui pour acheter un cadeau», explique l'un d'eux, «je n'avais pas d'autres disponibilités. Mais j'avoue que je suis allé jeter un coup d'œil dans les toilettes (là où ont été découverts les explosifs)», raconte-t-il amusé.

On espère que ça n'ira pas plus loin

Du côté des employés, le travail a repris normalement mais beaucoup s'interrogent. «J'avais un peu d'appréhension ce matin quand il a fallu revenir mais bon, en même temps les clients continuent à faire leurs courses alors il faut être là», déclare l'un d'eux, «mais j'avoue qu'hier, j'ai failli démissionner. J'ai vraiment eu peur», ajoute-t-il. Sur l'un des stands de vêtements pour femme, une vendeuse explique que la journée est très calme. «Ce matin, le magasin était vraiment vide, là ça reprend un peu mais il y a clairement moins de monde que la semaine dernière».

Dans l'escalator qui mène au troisième étage, deux vendeuses âgées d'une vingtaine d'années, qui viennent prendre leur service, discutent des événements de la veille et confient leur inquiétude. «On est choquées par ce qui s'est passé hier et on a peur que ça se reproduise», confie l'une d'elles, «en même temps, on fait confiance à notre direction qui a mis en place des mesures de sécurité donc on espère que ça n'ira pas plus loin», ajoute sa collègue.

C'est la fatalité, mais les vigiles veillent

Au rayon Hommes, Stéphane, installé derrière la caisse, explique que «le directeur a fait l'ouverture du magasin et est passé à tous les étages pour saluer les employés». Il dit ne pas avoir peur. «Depuis hier, seulement quatre clients m'ont posé des questions sur ce qui s'est passé, ils sont curieux mais pas vraiment inquiets». Pour le vendeur, de toute façon «on ne peut pas échapper à la fatalité. Si quelque chose doit se passer, de toute façon, on ne peut rien faire. C'est comme ça», déclare-t-il, «mais bon, il y a des vigiles et même des policiers en civil un peu partout dans le magasin, alors on se dit qu'ils veillent».
Maud Descamps
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