POLITIQUE - Le Président présente son «plan sur l'égalité des chances» ce mercredi après-midi à Palaiseau...
La discrimination positive, un thème qui lui est cher. Nicolas Sarkozy a choisi le site de
Polytechnique à Palaiseau dans l’Essonne pour dévoiler ce mercredi son «plan sur l’égalité des chances». Attention, tempère le chef de l’Etat, il s’adressera autant aux enfants des minorités et de l’immigration qu’aux «enfants d’ouvriers», et il n’évoque plus les critères ethniques qu’il envisageait avant d’être élu.
Parmi les mesures qu’il devrait annoncer, «
La Croix» évoque un quota de 30 % d’élèves boursiers dans les classes préparatoires aux grandes écoles. De l’ENA à HEC, Sarkozy veut ouvrir les établissements les plus prestigieux.
Nicolas Sarkozy souhaiterait aussi améliorer l’ouverture des partis politiques, des entreprises et du secteur audiovisuel, lui qui fut très proche un temps du
Club Averroes, à qui il annonça en exclusivité la nomination d’Harry Roselmack comme joker du 20 heures TF1, début 2006. Il devrait aussi relancer le plan Banlieues de Fadela Amara, dont la mise en œuvre tarde.
La piste Yazid Sabeg
S’il y a un monsieur «Plan de relance», aka Patrick Devedjian, il n’y aura probablement pas de monsieur diversité au gouvernement. Plutôt un délégué interministériel chargé d’une mission sur l’égalité des chances, voire un haut-commissaire à la diversité. Malek Boutih, l’ancien président de SOS-Racisme et membre du PS,
a démenti les informations du
«Figaro» qui le voyaient occuper la fonction.
Le nom Yazid Sabeg circule, notamment avancé avec certitude par
«Bakchich». Le patron de l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) avait notamment lancé un
Manifeste pour l’égalité réelle le 8 novembre dernier, appelant à «systématiser les politiques volontaristes de réussite éducative et la promotion des talents dans les quartiers populaires».
Celui de Richard Descoings aussi. Le directeur de Sciences-po Paris est apprécié par Nicolas Sarkozy et il fut surtout le premier à ouvrir des filières d’accès dans une grande école aux jeunes de zones d’éducation prioritaire. Il sera présent à Palaiseau ce mercredi après-midi.
Depuis l’élection de Barack Obama, la diversité est redevenue u
n thème à la mode.
En nommant Pierre N’Gahane, d’origine camerounaise, préfet le 12 novembre dernier, Nicolas Sarkozy, qui avait déjà poussé à la
nomination d’Aïssa Dermouche, d’origine algérienne, en 2006 (tout soulevant un tollé en parlant de «préfet musulman»), a répété qu’il voulait faire de la fonction publique un «modèle».
Les déboires des ministres de la diversité
Autre laboratoire, les médias. France Télévisions a annoncé mardi la création d’un comité diversité pour «passer à la vitesse supérieure». Le Président souhaite que les chaînes privées embraient: leur convention ne serait pas renouvelée par le CSA si elles ne sont pas plus actives.
La diversité ira-t-elle plus loin? Pas dans le préambule de la Constitution en tout cas pour Simone Veil qui remet son rapport ce mercredi sur le sujet et conseille au Président, qui souhaitait intégrer ce terme passe-partout, de ne rien changer.
Nicolas Sarkozy se contentera-t-il de «diversifier» dans les grandes écoles et à la télé ou ira-t-il plus loin (quid des universités par exemple)?
Les déboires actuels de Rachida Dati, Fadela Amara et
Rama Yade, qui seront toutes les trois à Palaiseau aux côtés du Nicolas Sarkozy, montrent que le culte de l’apparence a ses limites.
M.Gr.