Le tribunal de grande instance de Reims a débouté mardi la cliente d'un fast-food Quick de la ville qui avait assigné en réparation l'établissement, parce qu'elle était devenue invalide après avoir, selon elle, glissé sur une frite.
La cliente a été «déboutée de toutes ses demandes», le tribunal ayant estimé qu'elle n'avait pas apporté «la preuve de la présence de la frite ce jour-là sur le sol», a déclaré à l'AFP Me Francis Fossier, l'avocat du restaurant.
«Il n'y a jamais eu de rapport des pompiers précisant qu'elle avait glissé sur une frite. Le tribunal constate qu'il n'y a que l'attestation de sa soeur, qui est la seule pièce qui pourrait justifier quelque chose», a poursuivi Me Fossier.
«Mais en face, il reconnaît comme valables les quatre attestations des salariés», affirmant que le sol était propre. «En conséquence, il dit que la preuve n'est pas apportée de la présence de la frite ce jour-là», a-t-il conclu.
Déplorant un «excès de juridisme» pouvant mener à un «système d'impunité», Me Emmanuel Ludot, avocat de la plaignante, a annoncé son intention de faire appel de cette décision.
«On peut regretter que le tribunal ne se soit pas plus intéressé au déséquilibre économique des parties», a poursuivi Me Ludot, évoquant le procès de «petites gens contre un fast-food. Ils (la plaignante et ses proches) ont senti qu'il y avait un déséquilibre économique et juridique», a-t-il estimé.
La plaignante, âgée de 38 ans, affirmait avoir lourdement chuté le 22 décembre 2007 en pénétrant dans le restaurant, son pied ayant glissé sur une frite. Victime, selon elle, d'une triple fracture du genou droit, elle avait été hospitalisée une semaine et déclarée invalide à 100%.
Le 28 octobre, devant les trois juges de la 1ère chambre civile du TGI de Reims, son avocat avait demandé que le restaurant soit reconnu responsable de la chute de sa cliente et réclamé 50.000 euros de provision à valoir sur l'indemnité, et une expertise médicale pour évaluer le préjudice.
Aux Etats-Unis, poursuivre les fast-foods après une chute est un sport national. C’est pour ça qu’on trouve des pancartes «sol glissant» même quand il n’y en a pas besoin.