Nicolas Sarkozy suit «personnellement la réforme», étudiants et lycéens manifestent côte à côte

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Publié le 16 décembre 2008.

EDUCATION - Ils étaient encore très nombreux à défiler dans la rue...

De nombreux lycéens ont manifesté mardi un peu partout en France alors que Xavier Darcos a annoncé qu'il repoussait la réforme sur le lycée d'un an. Vingt lycées ont été bloqués à Paris, soit deux fois plus que la veille, tandis que dans l'ouest du pays, la mobilisation ne faiblissait pas avec plusieurs milliers de manifestants dans les rues.

Le président Nicolas Sarkozy a affirmé, de son côté, que la réforme du lycée se ferait bien et Xavier Darcos a promis qu'il repartirait de «zéro». «Cette réforme des lycées, je la soutiens et elle se fera, mais il faut prendre le temps de l'écoute et de la concertation», a déclaré le chef de l'Etat. «Je suivrai moi-même personnellement cette réforme».

1800 lycéens dans les rues de Paris

L'UNL, première organisation lycéenne, a demandé à Xavier Darcos de «bouger sur le fond», sans quoi «l'hiver sera chaud». «L'ordre du jour reste à la mobilisation», a estimé de son côté le porte-parole du PS Benoît Hamon.

1.800 à 2.500 lycéens, selon les sources, ont défilé à Paris pour protester. Dans le Val-d'Oise, le proviseur d'un lycée de Garges-lès-Gonesse a été blessé par «des engins explosifs», selon l'académie de Versailles. Deux lycées ont été fermés par sécurité en Seine-Saint-Denis, après des jets de projectiles et des dégradations auxquels la police a mis fin, selon le rectorat.

Les manifestants étaient 4.000 à 6.000 à Rennes, selon la police, réclamant «du fric pour les lycées, pas pour les banquiers». A Brest, Quimper, Le Mans, Cherbourg, Evreux ou en Vendée, plusieurs centaines de lycéens ont défilé. Des dizaines de lycées étaient bloqués en Normandie et à Nantes, où une manifestation a réuni 1.500 personnes selon la police.

A Bordeaux, il y avait entre 5.000 à 7.000 manifestants selon les sources et plusieurs centaines à Bayonne et Agen. En Midi-Pyrénées, la mobilisation s'est accrue avec quelque 50 lycées perturbés et plusieurs milliers de manifestants. Le nord du pays s'est joint au mouvement, avec une vingtaine de lycées bloqués, un millier de manifestants à Lille ou Amiens, des centaines à Douai et Denain , Hénin-Beaumont, Lens, Calais et Boulogne-sur-Mer.

Les étudiants en IUT très mobilisés

Les étudiants en Instituts universitaires de technologie (IUT) sont à nouveau descendus dans la rue pour défendre l'avenir de leur formation, qu'ils estiment menacée dans le cadre de l'application de la loi sur l'autonomie des universités. Les IUT s'inquiètent de la disparition de l'attribution directe, par l'Etat, des moyens pour les IUT, dans le cadre de l'application de la loi sur l'autonomie des universités (LRU). Ce seront désormais les présidents d'universités qui attribueront les fonds aux IUT.

A Paris, entre 1.000, selon la police, et 2.000, selon les organisateurs, étudiants, ont manifesté à Paris. En provenance d'une dizaine d'IUT d'Ile-de-France, ils brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «Pécresse, IUT en détresse», ou encore «DUT = diplôme universitaire tué». Quelques lycéens parisiens fermaient la marche.

Des cercueils et des pétitions

A Toulouse, les manifestants étaient entre 700 et 1.300 à défiler, organisant «un solde de Noël». A Bordeaux, ils étaient environ 800 étudiants, accompagnés de représentants du corps enseignant, à manifester joyeusement.

A Caen, ils étaient environ 500 selon la police, 700 selon les organisateurs. Les manifestants ont déposé des cercueils à la préfecture et à la mairie, symbolisant de leurs craintes sur l'avenir de leurs établissements. A Saint-Lô, police et organisateurs ont compté 300 personnes, dont 150 lycéens environ. Ils étaient 230 à Alençon et 120 à Cherbourg.

De 300 à 500 étudiants des IUT de Metz ont également manifesté dans les rues de la ville. Une délégation a remis en mairie une pétition au maire (PS) Dominique Gros sur «l'avenir du DUT» par notamment, Bernard Heulluy, directeur de l'IUT de Metz.

A noter aussi une manifestation en France-Comté des personnels et étudiants des IUT de Besançon-Vesoul. Un collectif s'apprêtait à occuper l'IUT à partir de 20 heures pour une "Nuit des IUT". A Laval, les étudiants de l'IUT local ont voté le blocus de l'établissement jusqu'à jeudi soir, mais les examens prévus mercredi sont maintenus. Une manifestation est prévue mercredi après-midi dans les rues de la ville.
Maud Descamps avec agence
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