JUDO - Ce week-end, à Levallois, ont lieu les championnats du monde toutes catégories...
En matière de show et de mise en scène, certains sports partent de très loin. Si les fans de boxe sont habitués aux pom-pom girls et aux spectacles son et lumière, le public du judo lui est plus accoutumé au conservatisme propre à la plupart des arts martiaux. A l’occasion des championnats du monde toute catégorie, ce week-end à Levallois, la tendance pourrait pourtant évoluer.
Sous l’impulsion de Patrick Balkany, le maire de la ville des Hauts-de-Seine,
la compétition appelée pompeusement «le Titre suprême» devrait faire valser quelques préjugés. L’idée est de désigner le meilleur judoka au monde dans un format de tournoi inédit. Pas de catégories de poids, un tatami unique, un speaker et une mise en scène pour le moins tapageuse. En résumé, la mise en branle de certains archaïsmes. Ou un lifting indispensable à la promotion du judo auprès du public, des sponsors et des télés.
La caution japonaise
«C’est important de donner cette orientation à notre sport, note Anne Sophie Mondière, 5e chez les plus de 78kg à Pékin et présente ce week-end à Levallois. Je trouve ça bien. Après, il faut voir l’impact que cela peut avoir. Si on peut appliquer ça à d’autres compétitions comme les championnats du monde, ce serait super.»
Plus que la mise en place d’un show, le président de la fédération française Jean-Luc Rougé retient l’officialisation d’un titre et l’introduction de cette compétition dans le calendrier officiel de la saison. «Il y avait déjà des tournois où on mettait l’accent sur le spectacle. Mais il n’y avait pas de titre au bout. La fédération internationale aime beaucoup ces projets qui mettent en valeur le judo. Même les Japonais, qui ont la réputation d’être conservateurs, s’en réjouissent.»
Fort en dotation
Pour attirer une vingtaine de médaillés olympiques et mondiaux (dont Teddy Riner), les organisateurs ont aussi fait chauffer le carnet de chèque. 100.000 euros de dotation dont 25.000 pour les deux vainqueurs. Une fortune dans l’univers des tatamis. «Personnellement, je n’ai jamais vu une telle prime en compétition, poursuit Mondière. C’est très élevé.» Preuve que le judo n’est plus à une révolution près.
Romain Scotto