CRETEIL - Les trois jeunes filles étaient accusées d'avoir provoqué un incendie qui avait fait 18 morts...
Elle s'est évanouie à l'énoncé du verdict. La cour d'assises des mineurs du Val-de-Marne a condamné mardi Sabrina, 21 ans, à quatre ans de prison ferme pour avoir provoqué un incendie qui avait fait 18 morts par intoxication en septembre 2005 dans une tour à
L'Haÿ-les-Roses dans le Val-de-Marne.
Les deux autres jeunes filles jugées, Christina*, 19 ans, et Marité*, 20 ans, ont été respectivement condamnés à 4 et 3 ans de prison ferme.
L’avocate générale, Isabelle Saliou, avait demandé entre cinq et huit ans de prison pour les jeunes accusées.
Les pleurs et les cris ont fusé du côté des parties civiles au moment du verdict, alors qu'un gros dispositif était en place dans le tribunal. «Vive la justice», «Pour 18 morts, c'est une honte», les slogans étaient contrastés. Une femme brandissait les photos de ses proches décédés.
«Le deuil sera impossible pour les familles»
Cécile Hacisimon, avocate d'une famille de victimes, a fait part de «son immense déception, pour les parties civiles, mais aussi pour moi. Le deuil sera impossible pour les familles, c'est comme un deuxième enterrement. Nous voulions une peine exemplaire. Je ressors de ce procès avec l'impression que je n'ai pas accompli mon devoir.»
Pour Françoise Cotta, l'avocate de Sabrina, «la justice a bien été rendue. Pendant neuf jours, on a entendu les cris de haine, auxquels ne nous pouvions donner de réponses. La cour d'assises a été courageuse et n'a pas cédé aux pressions.»
Les parties civiles feront appel
La cour d'assises des mineurs s'était retirée mardi en fin de matinée pour délibérer. Après deux semaines de débats à huis clos, le verdict est tombé. Les parties civiles en colère avaient annoncé leur intention de faire appel avant même que la sentence ne tombe.
Avant que la cour ne se retire pour délibérer, le président Alain Verleene a donné une dernière fois la parole aux accusées, dont deux ne s'étaient pas exprimées, «trop nouée» pour le faire, selon un avocat des parties civiles.
Non-conformité du bâtiment
L’incendie de la boîte aux lettres, dans la nuit du 3 au 4 septembre 2005, avait provoqué un sinistre qui avait ravagé le hall de la tour de 18 étages, sans s’étendre aux autres niveaux. Mais une épaisse fumée toxique s’était répandue dans les parties communes de l’immeuble, faisant 18 morts, dont trois enfants, tous victimes d’intoxication et retrouvés dans la cage d’escalier du bâtiment.
Des expertises ont relevé plusieurs non-conformités du bâtiment en matière de sécurité incendie qui pourraient avoir aggravé les conséquences du sinistre.
CB et MD.