CONTRE - Jean Dionnot, président du collectif «des amis du dimanche»...
La majorité a annoncé lundi soir
avoir trouvé un «compromis» sur le travail du dimanche. Les débats à l'Assemblée s'annoncent houleux. Initialement prévus ce mardi après-midi, ils pourraient cependant être reportés à mercredi. Mais la proposition de loi portée par Richard Maillé ne fait pas l'unanimité…
Que va apporter la proposition de loi de Richard Maillé?
Rien. Cette proposition de loi ne va rien changer et c'est pourquoi on ne comprend pas l'utilité de légiférer à nouveau sur le travail du dimanche. La loi actuelle répond tout à fait à ce dont nous avons besoin aujourd'hui. Les magasins en zone touristique peuvent ouvrir le dimanche. Il existe également des dérogations pour une ouverture cinq dimanches par an. C'est tout à fait suffisant.
Alors, on peut évidemment envisager de passer à un ou deux dimanches supplémentaires par an, mais il n'y a pas d'utilité de légiférer pour ça.
Les sites de vente en ligne ne sont pas soumis à la législation sur le travail dominical, faut-il y remédier?
Non, cela n'est pas nécessaire. On ne peut pas rivaliser avec Internet. Vous ne pouvez pas demander aux sites de commandes en ligne de fermer leurs réservations le dimanche. Cela n'a aucun sens. Bien sûr, ces sites sont des concurrents directs des commerces réels, mais on ne peut pas les considérer comme des concurrents déloyaux. C'est une nouvelle forme de commerce à laquelle il faut s'adapter.
Quels sont les impacts potentiels de la proposition de loi?
Nous craignons que cette loi ne banalise le travail du dimanche. Cela pourrait aboutir à une grande désorganisation de notre société avec un impact sur la vie de famille. Que faire des enfants lorsque l'on travaille le dimanche? La mission du législateur est de défendre l'intérêt général or, ici, on voit que le législateur s'apprête à défendre l'intérêt économique. Il y aura toujours certains commerces qui seront lésés, mais le plus important est de mesurer l'impact du travail dominical sur notre organisation sociale et non sur la vie économique.
>> Et vous, que pensez-vous du travail du dimanche? Posez vos questions à Marc Le Fur, ici!
Maud Descamps