Dans la vie comme sur le terrain, Mélissa a l'art du contre-pied. « Je suis un peu comme ma mère, j'adore me démarquer des autres », annonce-t-elle, avec un sourire d'ange. Très jeune, cette Sarthoise se mêle aux parties de football improvisées dans la cour de récréation. Elle est bien sûr la seule représentante de la gente féminine, et du coup « la petite chouchoute des garçons ». C'est sans doute cette solitude dans « un monde de brutes » qui a forgé son caractère. « Les gens trouvent que ma passion ne colle pas avec mon habillement plutôt féminin, s'agace-t-elle. Ils ne conçoivent pas qu'on puisse concilier féminité et ballon rond... » Les clichés, elle les exècre. « Combien de gens m'ont demandé : "Ah parce que tu n'es pas homosexuelle?", c'est agaçant ! » A ces préjugés, l'étudiante en 2e année de Staps répond par l'attaque... « Je m'habille souvent en talons aiguilles, ça surprend les gens. J'aime créer ce paradoxe ! Je fais dans la provocation ! » Un peu comme sur le terrain. Au poste de milieu de terrain défensif, la joueuse de l'ESO La Roche (D2, en Vendée) ne lâche rien. Une qualité qui lui a valu récemment d'intégrer pour la première fois l'équipe de France des moins de 20 ans pour la Coupe du Monde au Chili qui a eu lieu du 19 novembre au 7 décembre. « Une expérience humaine magnifique », ponctuée par une élimination en demi-finales contre les Coréennes. « On était des petites stars là-bas, raconte Mélissa. On a signé des autographes et pris des photos avec des inconnus. » A l'arrivée en France, le statut a changé. « Il y a même un mec qui m'a demandé ce qu'on faisait comme sport alors qu'on a FFF d'inscrit sur nos joggings, peste-t-elle. Le football féminin, ça reste confidentiel en France. » Comptez sur elle pour en faire la promotion : « On ne sera jamais aussi rapides et athlétiques que les garçons, mais, nous, on est tellement plus intelligentes et fines dans le jeu... »