Des doutes au procès de Khaled Ben Saïd

0 contributions
Publié le 16 décembre 2008.

Il n'y avait personne hier dans le box des accusés de la cour d'assises du Bas-Rhin. Cette dernière jugeait selon la procédure du « défaut criminel » (ex-contumace) Khaled Ben Saïd, ancien vice-consul de Tunisie en poste à Strasbourg entre 2000 et 2001. L'ex-diplomate doit répondre d'actes de torture qu'il aurait commis en octobre 1996 sur une mère de famille tunisienne, Zoulaikha Gharbi, dans un commissariat de Jendouba (nord-ouest de la Tunisie). Faisant l'objet d'un mandat d'arrêt international depuis février 2002, il est poursuivi en vertu du mécanisme dit de « compétence universelle », une disposition prévue par la Convention des Nations unies sur la torture, entrée en vigueur dans le code pénal français en 1994.

Durant la matinée, les débats ont tourné autour de la nature du régime tunisien. Appelé à la barre, Vincent Geisser, politologue et spécialiste de la Tunisie, décrit un Etat où « la violence est utilisée comme un mode de contrôle de la société ». Une analyse qui fait bondir l'avocat de Khaled Ben Saïd, Me Olivier Salichon, qui a dénoncé lors de la suspension d'audience de la mi-journée « un procès instrumentalisé. Je n'ai pas entendu de témoin venir dire Monsieur Ben Saïd m'a fait ceci ou cela. En réalité, on fait le procès de l'Etat tunisien. » L'avocat de la Fédération internationale des droits de l'homme, qui s'est portée partie civile dans cette affaire, Me Patrick Baudouin, estime en revanche que « les témoignages ont permis de démontrer le caractère systématique de la torture en Tunisie. Le cas de Khaled Ben Saïd n'est pas isolé et ce procès redonne une source d'espoir pour les victimes car il montre qu'il y a des possibilités de poursuites. » Mais en fin de journée, Zoulaikha Gharbi a livré un témoignage confus, semant le doute sur la culpabilité de l'ancien consul.

Emue, la mère de famille a raconté que Khaled Ben Saïd l'avait insulté et frappée plusieurs fois avec un bâton tout en l'interrogeant. Puis, après avoir ordonné à ses hommes de la « déshabiller » et de la « torturer » dans une autre pièce, Ben Saïd se serait éclipsé. Une déclaration qui fait tiquer le président du tribunal Jérôme Bensussan, celui-ci relevant que lors de son dépôt de plainte en France, la plaignante disait au contraire que l'accusé avait personnellement participé à l'intégralité des faits.

Ludovic Meignin - ©2008 20 minutes
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr