Pas de pitié. La cour d'assises de Paris a condamné hier Antonio Ferrara et ses complices pour son évasion explosive de la prison de Fresnes en 2003. Dix-sept ans pour le braqueur surdoué de fourgons, sept ans pour son ancien avocat Karim Achoui, et douze ans pour Hocine Kroziz, l'ex-gardien de prison. Les dix-huit autres complices ont écopé de peines allant de quatre mois à onze ans de prison. Seulement deux d'entre eux ont été acquittés, après un procès de dix semaines émaillé d'incidents.
Le verdict est tombé dans la nuit de dimanche à lundi, après trois jours de délibération, sous les huées du public. « Sale p... », ont lancé plusieurs accusés à la présidente de la cour, Janine Drai. Dans la salle, quelque 70 gendarmes ont empêché de plus larges débordements. Ferrara, lui, était absent, fidèle à son choix de ne plus se présenter devant ses juges. Un de ses avocats, Lionel Moroni, a dénoncé une peine d'« élimination » contre « un homme qui n'a pas de sang sur les mains ». De son côté, Patrick Maisonneuve, défenseur de Karim Achoui, s'en est pris à la partie civile qui a « eu la peau d'un avocat ». Détesté pour avoir défendu - souvent avec succès - de grands noms du banditisme, Achoui paie cher son goût du luxe. Sa condamnation montre que la cour a été certaine qu'il a donné indirectement le « top départ » de l'évasion. L'avocat, qui a été emprisonné et s'est pourvu en appel, n'est pas pour autant radié du barreau. Hier, l'ordre des avocats de Paris a annoncé attendre la décision en appel pour trancher, estimant que « la présomption d'innocence joue en faveur » d'Achoui.